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De gros personnages libres, dont: Hidan, Kakashi,A Yotsuki, ou encore Jûgo ! Les villages sont attaqués par de dangereux déserteurs, Iwa est le premier village à avoir pu écarter la menace ! Kiri et Iwa sont de nouveau ouverts ! Konoha accepte deux ninjas inventés ! Les Nukenins inventés sont de nouveau autorisés !


LA CÉRÉMONIE DES OSCARS COMMENCERA A 22H CE SOIR !


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 Vivre l'ellipse [PV Roki]

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MessageSujet: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Jeu 13 Juin - 17:57





Vivre l’ellipse


Ramène le passé ?




▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ 




Tes yeux s'éteignent à mesure que le soleil joue les timides. Leurs reflets mordorés disparaissent avec les derniers rayons lumineux. Ton dos se cambre, tordant tes muscles fatigués. Tes bras s'élèvent vers le haut comme pour attraper quelque chose, faisant craquer toute une partie de ton corps. La journée avait été rude, mais ton équipe avait enfin terminé son travail. Rien de bien alarmant, juste une petite mission de traque, à propos d'un groupe de petit voleurs. Ils avaient été faciles à retracer et à maîtriser. Un petit imprévu avait simplement allongée la mission d'une journée entière, car vous aviez été poursuivis par une escouade payée par les personnes qui devaient tirer toutes les ficelles de ce trafic. Ils s'étaient ainsi vendus eux-même, en envoyant leur soldats à vos trousses, qui eurent vite faire de vendre les noms. Le reste serait sans doute pris en charge par une autre équipe, afin de laisser la votre se reposer.
Tes paupières s'alourdirent donc à mesure que le chemin rapetissait. Au bout de 4 jours de traque, tes muscles s'étaient engourdis et ton moral aussi. Une fois rentrée chez toi, la première idée qui te passa par la tête fut de te rendre dans ta deuxième maison, le bar Yomisuke. Un petit bistrot simplet qui méritait à être plus connu. Tu t'étais rapidement liée d'amitié avec l'entièreté de la maison, à force de ta présence quasi journalière. Rien ne valait une bonne coupe de sake pour se détendre et oublier ses membres qui hurlaient douleur.
En rentrant, tu fus accueillie de sourires, telle une reine. Ton bras se leva en guise de salut ponctuel

Yooomi-kun, si je te prend une coupe tu m'offres la deuxième ?

Il renchérit d'un rire franc, t'invitant à t'asseoir au bar.

Depuis le temps qu'on fait ça Yoru, tu persistes à toujours demander, souffla-t-il

La coupole servie, tu l'englouti d'une traître, telle une fervente habituée. La petite clochette de la porte retentit alors. Tu penchas ton visage comme à ton habitude pour voir si c'était un de tes copains de boisson. Mais ton regard se figea.


Ces traits, cette expression, ce visage... plus particulièrement ces yeux. Tout te plongea dans un moment lattent, à la fois choquée et effrayée. Ton cœur se serra, et tes lèvres murmurèrent dans un souffle court :

- Roki ?


.

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Ven 14 Juin - 2:43


Roki & Yoruichi



« Un homme de bon jugement retient le passé, s'accommode du présent
et anticipe l'avenir. »



¬ L’éternel insatisfait daignait enfin honorer de sa présence les murs de KumoGakure no Satô, la soi-disant mère patrie. Ses idéaux avaient été mis à rude épreuve depuis son départ, et fouler à nouveau quotidiennement ce sol si commun à ses années d’enfances lui rappelait inéluctablement des souvenirs, agréables ou pas. La journée avait été mouvementée par quelques déplacements dans les alentours du village, pendant lesquels le Raitei s’était occupé successivement de remplir la paperasse liée à son retour, pour ensuite s’octroyer une séance d’entrainement en solitaire, et il finit par une petite mission de rang B rapide, histoire de montrer qu’il exécutait sa part dans ce « système ». La hiérarchie l’avait nommé du titre de légende, et il était donc bien plus libre que les autres shinobis de vadrouiller. Le soleil laissait peu à peu place au spectacle du crépuscule, étirant ses rayons dans ce grisâtre atmosphérique si ordinaire, annonçant pour le shinobi le repos qu’il avait mérité. Un sac à l’apparence bien remplie sur l’épaule, il s’approche en traînant des pieds des grandes portes, faisant un signe de main rapide vers l’un des gardes qu’il connaissait. Une accolade suivie par une petite discussion sur les récents fait rapportés au propos de la Lune Rouge, et le voilà à l’intérieur, contemplant à des centaines de mètres, érigée dans le ciel, la tour du Raikage.

Père aimait cet endroit plus que de raison, et de longues heures, je me souviens que j’attendais devant cette porte de bois pour qu’il daigne me faire passer avant Aa, ou même Bee. Je n’ai pas connu l’amour paternel standard, mais simplement une montagne russe, guidée par la fierté inspirée. Finalement, le but du Sandaime Raikage fut atteint. Mes efforts furent récompensés, et l’homme que j’étais aujourd’hui devait tout à cette éducation. Le jour où je l’avais perdu resterai gravé à jamais, c’est indéniable, et ses mots à mon oreille cette aube fatidique prirent racine en mon sein. C’est sous cet aspect de vu et revu que je flânais dans les rues où l’agitation avait perdu de sa contenance, le soleil couché faisant fuir une partie de la populace. C’était un moment de la journée faste de ce demi-silence environnant, et après m’être frotté les paupières, je savourai malgré tout cette petite émotion, ce sentiment d’être chez moi. Comme à l’accoutumée, quelque uns me reconnurent. Non pas que mon habituel shihakusho soit si voyant, mais ma carrure alliée à cette toison blanchâtre était vite jointe à l’image connue parmi mes congénères, celle de demi-frère du récent destitué, Aa. Je ne voyais pas de mal à ce qu’on m’observe de cette façon, mais cette notoriété me laissa presque sans mots face à ses regards. Je continuai alors mon bout de chemin, les mains dans les poches, essayant tant bien que mal de trouver une occupation. Maintenant que j’étais revenu, mes papilles s’émoustillaient dans l’attente de ce cher nectar que j’adorais consommer en grande quantité. Me noyer dans les spiritueux n’était pas une solution, et j’en étais conscient, mais se laisser aller dans les bras de l’ivresse était encore une des meilleures options qui s’offrait à moi. A vrai dire, je ne savais pas où j’allais dormir cette nuit, mais je commençais à me douter dans quel état je trouverai le sommeil.

    °  Reste à trouver un endroit sympathique pour dépenser mes ryôs durement gagnés. ° pensai-je, roulant presque des yeux, comme lassé par mes propres méditations.  Cette période de la journée était encline à voir s’illuminer cet amas de troquets fréquentés tantôt par des ivrognes tantôt par de la vermine. Lequel m’accueillerait ? Les choix étaient évasés, et une impression voulue que je me dirige vers un des plus discrets, l’estaminet Yomisuke. La mémoire un tantinet floue à propos de ce coin, que je n’avais pas fréquenté depuis une éternité, je me dirigeai adroitement entre la myriade de rue, m’approchant de l’endroit.


Bientôt, je me trouvai devant l’enseigne, immobile, enfin arrivé à destination. Un homme me bouscula, visiblement pressé, et j’omis son geste, impérieux de pouvoir enfin décompresser en regardant le fond de mon verre. Sans forcer, je poussai la porte de bois, me donnant ainsi une vue sur l’ensemble des personnes présente. Le tintement d’une clochette marqua mon arrivée, et l’impensable se transfigura devant moi, dans le même temps que je plongeai mes yeux azurs dans le doré des pupilles de cette chimère. Elle en était une, mon esprit l’avait décidé ainsi, et la revoir après tout ce temps venait de m’ébahir au plus haut point. Certes, les années avaient fait leurs travaux sur la jeune fille de mes souvenirs, mais ce regard et cette peau halée me poussait à me rendre compte que c’était bien elle. Soutenant les deux citrines qui me toisaient, j’eus ouï de cette prose qui confirma mes attentes. Les mots ne sortirent pas aussitôt d’entre mes lèvres, et je m’approchai du comptoir, le pas se voulant tranquille.


    « Lui-même, Yoruichi. J’ai du mal à croire que je te croise ici... Même si je me souviens que tu aimais la boisson, dans le temps. » Lâchais-je, un demi-sourire apparent, tout en me posant tranquillement sur un des tabourets. Le patron eut l’air de comprendre quand je signifiai, en pointant mes deux doigts vers une bouteille sur le bar, mon envie de me désaltérer. Il versa donc le liquide translucide dans son récipient, que je m’empressai de faire suinter dans ma gorge, pour ensuite le poser, pour en redemander. « Comment ça va... Depuis le temps ? » Je m’hasardai à faire comme si son mon départ avait été de toute légitimité, bien que je sois parti, il fallait l’avouer, comme le dernier des abrutis. Mon ton se voulait chaleureux et amical, et j’en profitai pour admirer l’œuvre de Dame Nature, Yoruichi étant devenue une femme d’une beauté presque magnétique.


L’avenir avait voulu que je rencontre celle avec qui j’avais partagé ce moment de déchirement que j’étais justement venu oublier, mais plus que de rouvrir une plaie, elle me rappelait cette personne si chère qui m’avait malgré tout manqué. Je n’avais plus qu’à espérer clémence.

HRP ▬ Post moyen, je m'essaye à la première personne. Désolé si il y a des fautes, pas le temps de me relire.. o/



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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Ven 14 Juin - 13:29





Vivre l’ellipse


Ramène le passé ?




▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ 


Ton grain d'incertitude disparu lorsque vos deux regards lurent l'un dans l'autre. Ses yeux étaient à peu près la seule chose qui étaient restés intacts. Le reste avait soit doublé de volume -comme la musculature- ou s'était simplement affirmé. Ton air choqué s'éclipsa peu à peu à mesure qu'il remuait ses lèvres qui t'étaient familières à l'époque. C'est vrai.. Il devait avoir quelque chose comme 26 ans maintenant, et vous n'étiez plus des gamins -même si cette partie de lui était disparue sous tes yeux, des années auparavant- Un léger sourire remonta le long de ta joue quand il évoqua ton rapport à l'alcool.

Et encore, j'étais une petite joueuse à l'époque.

A ces dires, Yomisuke n'étouffa pas un petit toussotement. C'était comme une façon d'affirmer qu'à ce jour, t'étais sans nuls doutes un de ses plus gros clients, avec donc la tenue qui va avec. Tu lui jeta un regard amusé puis revint à ton vieil ami. A sa question, ta bouche s'ouvrit, mais tes mots ne sortirent pas. La situation te paraissait étrange, les rôles était inversés, c'était à toi de lui demander comment il allait. Tu étancha donc ta bouche asséchée d'une gorgée de liqueur avant de répondre promptement.

- On fait aller... La routine devient lassante ici.

Ton regard s'obscurcit, l'air sérieux.

- Je peux pas vraiment dire pourquoi, mais l'ambiance générale est devenue plus froide. Comme si quelque chose se tramait.

Finalement, tu repris le dessus sur cette attitude que tu jugea vite inopportune : regagnant ta bonne humeur et ta confiance.

- Mais bon ! C'est peut-être juste moi qui abuse du sake, encore une fois.

Dans cette blague journalière, tu trouvais également un moyen de cacher cette petite douleur qui resurgissait au niveau de la poitrine. Si l'alcool te permettait de te dévergonder un peu, il ne permettait pas l'oubli : et jamais tu n'oublierais les conditions dans lesquelles vous vous étiez tous les deux séparés. A l'époque, tu avais tant de questions qui s'étaient amoncelées dans ton esprit, t'étouffant presque à force de non réponse. Pourquoi partir ? Que vas-tu faire ? Ou vas-tu ? Se reverra-t-on ? M'oublieras-tu ? Dois-je venir ?

Si en ce temps, tu pensais ainsi, jamais tu n'aurais eut le courage de faire cette démarche. 5 années après, la question principale était alors évidente :

- Et toi Roki... Est-ce que tu vas... mieux ?

Ton regard soutint le sien, imperceptible. Cette carapace qu'il semblait s'être forgée, était-ce un atout ou un poids ? Ton cœur pinçait de plus en plus fort... serait-ce cette culpabilité qui refaisait surface ?


.

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Ven 14 Juin - 21:03


Roki & Yoruichi



« Un homme de bon jugement retient le passé, s'accommode du présent
et anticipe l'avenir. »



|| Les deutéronomes, les exodes et les beautés du monde n’avaient pu effacer de mon souvenir ce visage si singulier que j’avais enfin l’opportunité de contempler, à seulement quelques dizaines de centimètres de moi. Quand elle remua ses lèvres, j’entendis ses paroles clairement, tout aussi nettement que je vis apparaître l’un des plus beaux atouts de la basanée, ce sourire. Ma mémoire se récréait en faisant fi de certaines images de mon anamnèse, mais celle-ci en était une gravée dont je n’avais aucun mal à me souvenir. Plus jeune, je me souvins que le voir apparaitre grâce à moi m’inspirait autant de joie que de fierté, et je ne pus m’empêcher, alors que les derniers termes s’échappaient d’entre ses fines lèvres, de communiquer un petit rictus en inspirant légèrement. Comme moi, elle avait l’air de ne pas avoir perdu cette coutume de s’emplir d’alcool dès que la vie le permettait, ce qui fut confirmé par le tenancier des lieux, qui toussota presque discrètement aux dires de la kunoïchi. Je n’eus pour seule réponse à cet échange entre eux que de descendre promptement le contenu de ma coupe, et il ne fut pas dur de comprendre à mon regard vers lui, accompagné d’un clin d’œil, que j’en demandai plus.

Selon elle, l’usuelle vie de shinobi avait son côté pesant, et je ne pouvais qu’être d’accord, ayant quitté pendant ces si longues printemps ce « nid » à cause de ce climat qui à mes yeux, m’aurait empêché d’atteindre mon but. Et l’aiglon que je fus était devenu un rapace majestueux, s’étant déjà bien servi de ses serres et de ses ailes. L’air sur son visage se crispa un iota quand elle m’évoqua son sentiment sur l’inquiétude de quelqu’un chose qui grandissait dans l’ombre. Sans que puisse vraiment le contrôler, mon sourire s’agrandît. Bien que je ne sois en aucun point fautif d’un quelconque péril vis-à-vis de KumoGakure, les prémisses de mon retour firent que ses mots eurent un sens un tantinet différent à mon oreille.


    « Tu n’es pas la seule à développer une inquiétude vis-à-vis du village. Je trouve qu’il a bien changé depuis mon retour.. » Laissai-je échapper, ma mâchoire se crispant tandis que je chassai de mon esprit ces allégations, tant bien même elles soient fondées. J’avais encore à travers la gorge le départ inopiné d’Aa, ainsi que le silence du conseil à mon sujet. « Ça ne m’étonnerait pas de toi. » Mes mots positionnèrent juste après ceux de Yoruichi, accompagnés d'un petit rire rauque, comme pour me résoudre un peu plus à oublier cette histoire sordide et me consacrer à cette rencontre qui se voulait bénie en ce jour morose.Elle avait retrouvé cet air ravi, qui avait le don de déteindre sur moi rapidement.


Puis le moment que je redoutais advint. Après que j’ai porté à mes lèvres un verre de plus, elle engagea la discussion dans un sens dont j’imaginai déjà les retombées. La première année après m’être séparée d’elle, dans des conditions qui n’avaient rien de princières, j’avais essayé d’imaginer ce jour. Remonter à cette période par cette question me poussai à me souvenir des événements qui selon elle, m’avait fait aller mal. Père lâchant les derniers poids sur mes épaules, m’avait fait courber le dos pour tellement d’années à venir. Bien qu’il soit parti, son emprise et la marque de son travail étaient toujours incrustées plus durement en moi qu’une cicatrice dans la chair. Juste après sa question, je saisi la bouteille pour me servir rapidement, et la belle à la peau mate par la même occasion. Après avoir englouti cet énième verre, en vous avouant que l’ivresse n’était pas encore au rendez-vous, je commençai à répondre, sur un ton qui se voulait calme, dénué de toute émotions, négatives ou positives.  


    « Tu me connais, je ne vais jamais vraiment mal. Ça m’a secoué, j’étais jeune, et même un peu con... j’affichai à ce moment un rapide sourire aux pensées que ça m’évoquai Mais je m’en suis remis, et les épisodes de ces cinq ans m’ont donnés matière à penser à autre chose. j’inspirai en continuant de conduire mes pupilles dans les siennes Dans un certain sens, je suis content d’être rentré. Enfin, je suis las de raconter ces mêmes histoires de voyages. On a toute la vie pour ça... Parle-moi un peu de toi, et de ce qu’est devenu la jeune fille si déterminée de mes souvenirs. » Je fini un sourire aux lèvres, bien content de pouvoir dévier la discussion sur autre chose que moi-même. Depuis mon retour, c’était un de mes seuls sujets de conversation, les gens ne m’ayant pas vu durant cinq ans et voulant en savoir plus sur tout ce que j’avais pu voir et combattre. J’étais loin d’être une personne fana d’étaler sa vie devant les autres, et en savoir plus sur mon ancienne partenaire taquinait mon intérêt.


Le bar était calme, et j’eus l’agréable surprise de ne pas voir mes tympans brisés comme ils l’étaient généralement, agressés par les pochtrons fêtards. Là, le spectacle était bien plus mirifique qu’à l’accoutumée, et ce fut un plaisir d’être assis à côté de celle qui m’avait accompagnée durant tant de moments, dont celui qui fut le plus difficile que j’eus vécu. Je ne lui avais pas dit à cette époque simplement car l’honneur enfantin que j’éprouvais alors m’empêcha de la remercier pour sa présence, douce constance dans des jours qui furent sombres, mais je lui en étais énormément reconnaissant. Je n’aurai jamais imaginé qu’un seul instant le futur puisse se dépeindre de la sorte, mais voilà que j’étais accoudé à un comptoir en présence de la kunoïchi aux cheveux ébène. Je lâchai l’emprise électrifiante de son joli faciès pour quémander une autre bouteille, la mienne étant vide, ce que le propriétaire m’offrit accompagné d’un demi-sourire, ayant surement reconnu qui était assis dans son bar. Après tout, on ne me surnommait pas l’Empereur de Foudre pour rien, et maintes fois j’avais prouvé à tous que le guerrier dont on parlait n’était pas un mythe. L’orgueil était un de mes pêchés les plus étendus, et à force d’être seul, j’étais devenu l’unique personne en qui placer ma foi et ma confiance. Peut-être que la situation allait changer. Je n’étais pas sûr de mon futur, mais le fait qu’elle en ferait éventuellement parti me volait un petit haussement de sourcils, et les coins de ma bouche et les spiritueux aidant, je laissai apparaître mon sourire.



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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Sam 15 Juin - 22:10





Vivre l’ellipse


Ramène le passé ?




▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ 


Ton visage se posa sur ta main, le temps d'un instant. L'ambiance s'était relâchée en un rien de temps, peut-être du à l'effet de l'alcool. Son rictus, discret, t'avais quelque peu soulagée, même s'il était loin d'être flagrant. Lorsqu'il répondit à tes doutes sur la sûreté générale au pays, il sembla confirmer ton inquiétude, ce qui te valu un léger frisson. Ton menton acquiesça, cela devait être encore plus évident pour lui, qui était rentré au bercail après 5 longues années : Ce qui était une absence conséquente dans la vie d'un ninja. Comme toi ensuite, il préféra effacer ce tableau sombre en renchérissant sur ton abus d'alcool, ce qui marcha plutôt bien, vu que tes yeux se remirent à scintiller. Il était tabou de parler de ses craintes, mais les quelques phrases que vous aviez échangées en disaient long sur la situation. Or, prendre au sérieux ses craintes, c'est leur laisser la main mise sur vous, c'est pourquoi chacun à votre tour, vous aviez passé l'éponge presque derechef. 

A ta question, il répondit sans gêne, naturellement. Cela te fit presque hausser un sourcil de le voir parler de ce moment avec une certaine aisance. Mais d'un autre côté, cela prouvait que ces 5 dernières années avaient été bénéfiques et restauratrices pour lui. Son côté solennel ressorti lorsqu'il évoqua ce parcours justement si mystifié. Tu devais avouer que tu n'étais pas très concernée par les « nouvelles », trop acharnée à ton travail. Mais cela ne t'empêchais pas d'avoir entendu quelques échos à son égard, qui t'avaient d'ailleurs quelque peu déstabilisée. Ton faciès se plissa de déception, tu aurais bien aimé l'entendre raconter ses histoires, mais s'il s'en disait las, tu n’insisterais pas. Il eut une cruelle façon de te retourner la question. Au fond, tu te sentis un peu comme écrasée par la différence qui s'était creusée entre vous, mais cette idée fut vite effacée par ton geste le plus habile : apporter la coupe de sake à tes lèvres. Tandis que ton bras retombais sur le comptoir, tes lèvres pincées se délièrent timidement :

- Mmmh .. Que dire.. Ton regard se posa alors sur ton reflet renvoyé par un miroir dans le coin de la salle – Eh bien je suis passée Jônin, ça m'aura prit pas mal de temps... quelque chose comme 8 années de plus que toi haha. Tu ne pus contenir un rire nerveux, quand tu repensais à votre passé, et que celui-ci se la jouait déjà Jônin et missions à risques alors que tu ne savais même pas combattre dignement. - J'ai entendu parler de ton nouveau surnom, Mr le RAI-TEI. Tu avais scindé le mot en deux à la prononciation, en rapprochant légèrement ton visage moqueur du sien. S'en suivit un autre petit rire que tu étouffa vite par tes paroles - Alala, je t'avoue que ça m'a fait un choc quand je l'ai entendu pour la première fois, tu m'excuseras hein, mais pour moi tu es toujours le petit Roki-kun que je connaissais !

Tes mots étaient sortis tout naturellement, avant même que tu te rendes compte de la portée de ceux-ci. En théorie, tu venais de parler à un ninja d'élite, mais c'était encrée dans les souvenirs que tu le percevais réellement. Ce comportement de toi même t'effraya un peu : peut-être était-ce trop osé de ta part, peut-être que le gamin que tu connaissais avait évolué en une espèce de colosse -physiquement c'était le cas- inébranlable. Mais toute cette appréhension disparu après avoir entraperçu son expression. Il ne semblait ni de marbre, ni frustré, ni saoul, juste bercé lui aussi par ces souvenirs qui vous liaient tous les deux.

- En tout cas la jeune déterminée que je suis est bien contente de revoir ton sourire Roki.

Il m'avait manqué, songeais-tu intérieurement, d'une voix cachée. C'était certain que vos chemins avaient étés coupés si brusquement par lui, et à l'époque cela t'avais démoralisée au plus haut point. Tu t'étais remise en cause un nombre incalculable de fois alors qu'il n'y avait pas de raisons à promptement valables pour que tu aies quelque chose à te reprocher. Mais en ces retrouvailles, toute cette solitude et cette rancœur furent balayées. Il était peu être temps de tourner la page, et cette rencontre en serait la première étape.

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Dernière édition par Yoruichi Surûto le Mer 19 Juin - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Mer 19 Juin - 1:08


Roki & Yoruichi



« Un homme de bon jugement retient le passé, s'accommode du présent
et anticipe l'avenir. »



|| La brune porta le récipient à ses lèvres, s’abreuvant comme je le fis maintenant. La boisson était à juste titre comme une troisième individualité dans cette discussion, s’adjoignant pour ma part à presque chacune de mes fins de phrases. La consommation quelque peu excessive d’alcool de riz m’ayant appris à lutter contre les effets de l’ivresse, je ne fus donc pas assujetti à ces affres communs, du moins pas incessamment. Être ici aux côtés de mon ancienne partenaire m’inspirait depuis le lancement de cet échange verbal un sentiment de plénitude égalant ceux connus durant mes quelques années de solitarisme. Du temps que je faisais tourner la petite coupelle entre mon pouce et mon majeur avec nonchalance, mon esprit se perdit dans les limbes de ces souvenances si similaire, vestige d’un passé que j’avais abandonné à fortiori par l’Ire guidant mes pas.  Le jour où j’avais adopté cette décision restait, même aujourd’hui, instigateur des aubes à venir. La fougue et l’empressement aidant, dans le plus grand secret, j’avais pesté et mon désir de vengeance avait pris le pas sur ma raison, du fait de ma jeunesse et de mon ignorance aujourd’hui disparue. IwaGakure no Satô avait porté l’estocade à mon honneur de jeune shinobi en me prenant mon paternel ce crépuscule funeste, et je n’avais à l’époque en tête que de montrer au village de la pierre que la colère du fils de l’Ombre de la Foudre n’avait de limite que la rage l’abritant, malgré les derniers mots de père. Le choix qui me fut offert -à savoir l’exil auprès du mont des ermites- dernière légation de feu Sandaime Raikage, me sembla alors la meilleur option pour acquérir cette vigueur, nécessaire à mes desseins. Bien sûr, je pris garde de ne jamais, ô grand jamais exposer cette vendetta me gangrenant à mes senseïs, car l’enseignement ne m’aurait jamais été prodigué en connaissance de cause. Mais le temps avait fait son travail, et ma période d’ermite me permit, à la fin de mon apprentissage, de prendre du recul sur les choses et ainsi comprendre que foncer tête baissée sur un ennemi qui n’était autre qu’un village caché ne m’apporterait aucun réconfort dans ma perte. L’homme qui se trouvait maintenant assit à côté de Yoruichi avait bien mûri…

Les raisonnements tintant dans les tréfonds de mon âme se turent quand la jolie basanée reprit la parole, tandis qu’elle jumelait ses mots à ce regard mordoré venant se poser sur la glace du fond du bar. Elle m’expliqua que durant mon absence, elle avait atteint le grade hiérarchique de ninja supérieur, littéralement Jônin, non pas sans une pointe d’humour puisque qu’elle fit part de la différence de temps pour le dépassement de cet échelon entre elle et moi. Posant mon regard sur la réverbération du miroir, et plus précisément sur son visage, je soufflai un peu d’air par le nez, mon sourire toujours présent, alors qu’elle aussi émit un rire nerveux. Par l’intermédiaire du réfléchissement, mon regard cherchait le sien. Elle prononça ensuite mon surnom en deux syllabes distinctes, tout en rapprochant son petit minois du mien, l’air sarcastique. Je ne pus m’empêcher de remuer légèrement la tête de droite à gauche, entrefermant mes yeux une petite seconde de façon à exprimer mon amusement. Presque machinalement, je me resservis, et elle par la même occasion, afin d’ajouter ce verre aux nombreux autres déjà dans mon organisme. Le reste de ses propos m’éberlua, « Roki-kun » résonnant dans ma boîte crânienne.  J’entendais la voix d’enfant de cette même femme me le dire après mes retours de missions il y a des années, puis enfin celle de mon père, chuchotant à mon oreille cette même appellation. Depuis cinq ans que je vadrouillais à travers le monde, personne n’avait osé m’appeler ainsi. Le nom Yotsuki ainsi que ma réputation, alliés à une carrure de vrai géant, empêchaient les gens lambda d’user de cette forme de politesse. Après que l’étonnement soit passé, j’affichai un rictus taquin, tout en posant le coude sur le comptoir. Ce soir, j'allais pouvoir enfin oublier mon grade et le reste.

Ensuite, elle me troubla encore plus que précédemment, signifiant qu’elle était heureuse de me revoir. Malgré ce que l’erreur que j’avais pu commettre, elle n’avait pas l’air de m’en tenir une rigueur absolue, ce qui me soulagea d’une crainte. Après avoir laissé passer quelques secondes, je tournai mes yeux du miroir pour venir regarder la demoiselle en chair et en os. Le regard expressif d’une bienveillance chaleureuse, je répondis sur un ton tendre mais bien loin du mielleux.


    « Et je suis content de te retrouver tout aussi réciproquement. Ça a fait un vide d’être séparé d’toi tu sais. Ton humour et nos soirées m’ont manqués. J’inspirai un grand coup, mettant alors ma fierté de côté. J’avais faillis, et je me devais d’essayer de rattraper les choses, ou au moins d’en construire de nouvelles Tu m’as manqué. J’ai fait des erreurs, et ça en fait partie. Je ne peux pas changer le passé, mais au moins, je vais essayer de faire en sorte que tu puisses compter sur moi dans le futur. » Soufflai-je finalement, un petite sourire relevant presque de la timidité, ce qui était pour moi rare, voir impensable. Nous étions liés depuis longtemps, mais je me sentais comme en train d’avouer quelque chose. Bien sûr, ma logique me poussa à oublier le pourquoi du comment, et je vins hydrater ma bouche de la liqueur commandée.


J’étais inquiet de la réponse de Yoruichi sans l’être vraiment, me demandant bien à quel genre de réponse j’allais avoir droit. Doucement, mes doigts pianotaient sur le bois, attendant sa réponse, mes pupilles noirâtres se promenant sur le visage de la Kumojin.

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Mer 19 Juin - 21:17





Vivre l’ellipse


Ramène le passé ?




▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ 


Vos prunelles se croisent le temps d'un instant, le doré face à l 'azur, comme à l'époque. Tu remarquais que son regard brillait toujours du même bleu, aussi prenant qu'à l'époque.  Il t'écoutait avec attention, c'est que tu avais de la conversation aussi.. avec un peu de sake en main. Cette pensée te fit légèrement remuer tes lèvres qui étaient d'un naturel pincé. Tout chez toi paraissait trompeur. Tes sourcils taillaient ton expression de manière dure et sévère, alors qu'au fond tu n'était pas plus brusque que n'importe quel individu. Il en était peut-être de même pour Roki ? Plus tu l'observais, plus tu te rendais compte que son corps était devenu réellement imposant. Debout, il te dépassait sûrement d'au moins une tête, et ses épaules devaient faire deux fois les tiennes. Pas étonnant qu'on lui ait donné un surnom si fringuant, te disais-tu à toi même, amusée.

Dès que ton regard se détacha du sien pour se poser sur le miroir, il s'empressa de le suivre. Comme avant, vous étiez en train de jouer. Un cache-cache secret, des yeux qui se reflètent. Il te fixait, par le miroir. Ton sang s’accéléra, au rythme de tes battements de cœur. Il regardait droit en toi, comme s'il pouvait tout lire, tout ce que tu pensais, tout ce que tu étais, ou avait été. Tes rêves, tes peurs, tes pensées. Il pouvait mettre tout cela à nu, d'un simple coup d’œil. Mal à l'aise, tu tentais d'échapper à ces radars émotifs en jouant également avec le miroir. Un coup il te scrutait et tu baissais l’œil vers ta boisson, tantôt tu étais celle à le décrire.

Tu remarquas que tes propos réussirent à le troubler un peu, ce qui te valut un petit haut le cœur. C'était à la fois un soulagement et une peine de voir que le garçon que tu avais connu n'avait pas complètent disparu. Mais cela voulait également dire qu'il n'avait pas tiré un trait sur sa tristesse d'antan.

Ton sourire s'élargit en réponse à la réaction de Roki : Ainsi il ne t'avais pas complètement oubliée, mieux, tu lui avais manqué. Repos, trêve, paix. Ton cœur qui voulait se calmer s'emballa de plus belle lorsque la légende de Kumo, le Raitei, lança des excuses plus qu'inattendues. Cette fois-ci, ton visage se tourna droit vers le colosse, les sourcils arqués de stupéfaction.

«  Je vais essayer de faire en sorte que tu puisses
compter sur moi dans le futur »

Ses dernières paroles te valurent une légère absence. Il avait tout vu.. Il avait tout juste. Ton expression se refroidi, recelant une sorte de peine que tu aurais préféré ne pas ressentir à nouveau. Comment pouvait-il comprendre, après 5 ans d'absence, ce qui avait-été le plus dur pour toi ? D'être si seule, délaissée, sans personne sur qui s'appuyer. Jeunes vous aviez l'avantage d'avancer ensemble, à votre échelle. L'un faisait la béquille de l'autre à chaque fois que cela était nécessaire. Mais seul ? Comment avancer seul ? C'était là que tu t'étais rendu compte de ton incapacité à te débrouiller, comme s'il t'avais gâtée depuis toujours. Comment décrire tes sentiments, nervosité, honte, frustration.. toutes ces choses qui affaiblirent ton cœur sans que tu t'en rende compte.


Ton faciès effaça toute présence d’inquiétude. A nouveau, tu tentais de lui cacher ce qu'il voyait sans gêne.

- Hé hé, mes blagues sont inégalables. J'ai 5 années de plus d’expérience maintenant

Sourire faux, crispé. Était-ce réellement juste ? Toi même tu doutais de la véracité de tes propos, mais tu ne laissais rien paraître. Tu continuais de sourire. Souris plus, souris encore. Il n'y verra que feu. Tes prunelles lâchèrent les siennes pour s'échapper vers le miroir, ta dernière issue de secours. Tu ne voulais pas. T'adonner à lui ainsi, te confier, montrer toutes ces faiblesses que tu n'avais su combler. Être forte – ou le paraître – c'était tout ce qui t'importais.

-Tout le monde fait des erreurs Roki. J'en ai peut-être fait une en te suivant ce jour là.

D'un ton taciturne, tes mots roulèrent comme des pierres dans ta bouche. C'était douloureux, mais tu étais effrayée de t'accrocher à nouveau à quelque chose qui disparaîtrais peut-être à nouveau, te laissant dans un handicap déstabilisant. Ta gorge se noua, tu n'avais pas envie de rajouter un parole de plus. Ton esprit se baladait à nouveau dans le temps, jusqu'à ce fameux 'jour'. Bien sur tu ne le regrettais pas. Évidemment que cela n'était pas une erreur de ta part de l'avoir suivi. Tu l'aurais peut-être perdu à jamais si tu n'avais pas été là pour tirer sur la manche du garçon à l'âme brisée. Mais ta fierté faisait de toi une femme qui était apeurée face à l'attachement, pour sa séparation future.

Même le sake ne semblait plus dénouer tes lèvres qui se mordillaient ~

.

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Jeu 20 Juin - 17:33


Roki & Yoruichi



« Un homme de bon jugement retient le passé, s'accommode du présent
et anticipe l'avenir. »



|| Il semblait que les derniers mots que j’eus prononcé précédemment agissent d’une manière ou d’une autre sur Yoruichi. Ma première tirade lui décrocha ce sempiternel sourire, blanc et presque charmant. L’apanage des femmes étaient une de mes faiblesses, et l’interdit ninja s’y relatant se vu briser un coquet nombre de fois. La croire heureuse m’inspirait un sentiment de satisfaction. Cependant, lorsque je prononçai ma seconde phrase, son expression muta du tout à tout, sa joie apparente venant à disparaître pour laisser place à ce que je pris comme de l’étonnement. En effet, même pour ma part, je me trouvais étrange que d’être si familier. Après cinq ans passés, la personne que j’avais en face de moi avait inévitablement changée, et la relation qui en découlerait entre nous forcément aussi. Ce n’était définitivement pas mon genre d’user d’apologies, et pourtant je venais tout du moins de deviser d’une manière s’y rapprochant. La culpabilité avait donc prit le pas sur mes manières coutumières, et ma prose n’eut pas l’air de ravir la jônin, qui durcit rapidement ses traits, pensive. Peut-être que l’horizon que je lui donnai à apercevoir ne l’enchantait guère, après tout ? Toujours était-ce que la basanée à l’allure féline me sembla touchée par des maux que je soupçonnai sans vraiment pouvoir mettre un doigt sur la plaie que j’avais ouverte. Mes deux yeux couleur océans vinrent se jeter dans le même temps sur ceux d’un homme accoudé lui aussi au bar, mon faciès s’orientant vers lui, occupé à me toiser, peut-être à cause de mon impressionnant gabarit. Quand il se rendit compte que je le fixai sans sourciller, celui-ci replongea dans son verre, et je diagnostiquai qu’il n’y avait pas meilleur moment pour m’enfiler une autre dose de ce poison exquis.

Alors que la dernière goutte attint mon œsophage, mon ancienne partenaire changea du tout au tout, balayant les simagrées de son visage pour enfiler ce qui s’apparentait à un masque. Peut-être essayait-elle de cacher un ressenti, ou un souvenir... Soit, elle était désormais une femme, et il n’était pas de mon genre de dire et de dicter à mon auditoire la marche à suivre au niveau émotionnel, étant moi-même très peu, voire pas du tout doué dans ce degré des relations humaines. Mes allégations furent ensuite appuyées par ce même humour, qui se voulait éventail pour cacher la teinte bien moins rose que parue de sa réelle pensée. Ma seule réponse à cette phrase fut un demi-sourire, l’air pensif. J’avais grandis avec cette personne, et il ne me fut pas difficile de comprendre que l’air qu’affichait la mate de peau n’était que façade et en aucun cas une expression tout à fait sincère. Elle quitta alors l’emprise de mes yeux pour diriger les siens autre part, chose que je respectai, passant la main dont le coude était juxtaposé au comptoir sur le fil de ma nuque. J’arrivai à déceler un souci, mais pas à mettre une vrai définition dessus. Ma prose l’avait-elle vexée de quelque façon que ce soit ? Mes derniers mots se décortiquaient afin de trouver la source du problème, mais mon raisonnement fut clôturé par le reste des dires de Yoruichi, me happant dans les méandres livides du passé.

Je savais très bien de quoi elle parlait. Il n’y avait qu’une signification possible à ce « ce jour-là », et j’en étais bien conscient. Ma mâchoire se serra doucement, et mon regard se planta dans le vide face à moi. L’air que j’arborai devint dur et plus froid que celui hissé depuis le début de ce dialogue, ma respiration se voulant toujours calme. Ayant pris le temps de bien entendre ses mots, un de mes sourcils s’arqua, prouvant quand même l’étonnement dont j’étais la cible. Pourquoi remettre cela sur le tapis ? Je n’avais pas envie d’en parler, visiblement, elle non plus, et pourtant... Mais la vie avait toujours dans un certain sens voulu me mettre en face de choses dont je n’étais pas maître, et la pensée d’une femme était de loin le plus inextricable des dédales que j’eus connu. Elle était loin d’être simple, cette kunoïchi. Après tout, la fierté était un sentiment que nous partagions tout deux depuis longtemps, et c’est ce même orgueil qui me poussa à rester de glace face à une telle thèse.

Finalement, prenant pour seul point de repère l’étagère en face de moi en y fixant l’océan de mes iris, pendant quelques secondes, je me laissai vraiment à voguer dans les sinueux courants de ma propre vérité, et plus particulièrement celui de cet événement. Je voyais toujours les visages, -dont celui de la belle ici présente- leurs bouches scandant des mots, s’évertuant à me traîner hors de la portée de mon si cher père. Peut-être regrettait-elle son geste, je n’en savais rien. J’avais préféré ne pas discuter de ça jusqu’à maintenant, et le retour en arrière se brisa après quelques secondes de mon silence à contempler le vide.


    « Peut-être bien. J’en ai commis une aussi en ne restant pas à ses côtés. Le destin en a voulu autrement, et je n’ai pas le pouvoir de changer le passé... » La fin de ma phrase flotta dans l’atmosphère tandis qu’encore un peu plus, je serrai les deux rangées composant ma dentition. ° Quel fils digne peut laisser mourir son géniteur en fuyant comme un vulgaire chien... ° pensai-je, pestant dans le silence des plus glacial contre ce jeune idiot que je fus. L’amertume était palpable autour de ma personne, et rapidement, mes yeux croisèrent les siens pendant que je servi à nouveau deux verres. Je ne soutenus pas spécialement son regard, sans pour autant dégager quelconque rancœur envers elle. Le fautif d’entre nous deux, était sans conteste ma propre personne, et je n’allais pas tenir rigueur à une personne que j’avais lâchement abandonné. Étais-je un de ces colosses aux pieds d’argile ? Mes fondations se fissuraient, et malgré tout le savoir engrangé, j’eus un court moment l’impression que tout ce que j’avais fait jusque-là n’était qu’une vaste comédie, théâtrale façon de cacher ma honte d’avoir laissé derrière moi le cadavre d’un père et la perspective d’un autre avenir. Des regrets et des remords, mais comme Atlas, je me devais de porter tout cela sur mon dos sans broncher. Encore et toujours cette fichue promesse. Me ressaisissant, je toussai rauquement, avant de reprendre, à demi-mots, presque en murmurant « Les erreurs de jeunesse seront-elles un jour oubliées.. » Je ne visai pas Yoruichi, mais moi-même, comme dans l’espoir de subir mon propre raisonnement. Peux-être m’avait-elle entendu. Soit, j’étais tout de même dans un bar, et sous cette perspective, je descendis la coupe précédemment servie, le regard vide.

(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Ven 21 Juin - 0:55





Vivre l’ellipse


Ramène le passé ?




▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ 


Tu es cruel, Roki, pensais-tu alors que ses mots assaillaient tes oreilles, ton esprit, ton corps tout entier. Venait-il seulement d'avouer que son erreur était d'être encore en vie ? Ton poing se serra. Garde la, garde la. Garde cette colère qu'il venait de réveiller. Contient tout, retiens-toi. Tes pensées t'arrachèrent à la réalité. A nouveau tu voulais vibrer, rire comme dans le passé. Mais cette conversation bien démarrée tournait à la tempête.. ou plutôt les vestiges une fois la tempête passée. Le ton de ton ancien camarade s'était éteint, ses yeux avaient délaissés les tiens. De la tristesse ? Du dégoût ? C'était ce que tu méritais, mais cela te faisais souffrir d'avoir ainsi réveillé des douleurs d'antan. Pourquoi en avais-tu parlé ? Pourquoi diable avais-tu ouvert cette bouche insolente ? Que savais-tu ? Qu'étais-tu pour ainsi appuyer sur cet endroit fragile. Honte, calomnie, déception. Tu aurais voulu disparaître, annuler cet instant, l'oublier.

Mais comment se résigner à l'oublier ? Lui qui avait hanté tes pensées à chaque instants fatidiques de ton existence. Dès que ta peur faisait surface, son visage d'antan t’apparaissait, te rappelant à quel point la bravoure et le courage étaient solides.

Sans réfléchir, tu te leva brusquement de ton assise, manquant de la renverser. Ta main s'était levée et avait transpercé l'air ambiant. Ton geste contenait colère, reproche et requête. Tes yeux s'écarquillèrent, ta main s'était arrêtée à fleur de peau de la joue du « Raitei » qui te dévisageais sans que tu puisses percer ses sentiments. Sans que tu parviennes jusqu'au bout, tes doigts se mirent à trembler devant ta propre impulsivité. La salle faisait silence, on ne regardait plus que vous. Yomisuke semblait également ahuri de te voir ainsi. Toi même tu ne te comprenais plus. Tes doigts se recroquevillèrent lentement, si lentement.. Comme si le temps s'était fait l'allié de ta honte ; Cet instant était si long, presque figé. Ton bras se replia mollement, redescendant le long de ta hanche, inerte. Ton menton plongea sur le côté, cachant ton regard de braise.

- Roki...

Tu le sentais ailleurs, comme si son esprit s'entretenait avec le monde des morts pour savoir s'il y avait sa place. Cette idée te fit frissonner de plus belle. Ce genre de frisson assimilable à un serpent qui s'amusait à sillonner votre dos. La salle reprit peu à peu ses occupations, suite aux signes désespérés de son propriétaire, gêné pour toi.

Tu avalas ta salive, épuisée :

- Désolée... c'est de ma faute, je parle de ça comme si.. comme si ce n'était rien.

Les épaules tombantes, tout ton corps sentait la défaite. Mal à l'aise avec une situation que tu ne maîtrisais pas, tu n'avais qu'une envie, te jeter dehors pour respirer une bouffer d'air frais ~ respirer, tout simplement. Ton visage était toujours de travers, inconsciemment, tu n'osais plus faire face à un homme que tu venais de blesser. Tes lèvres remuèrent timidement 

- Mais s'il te plaît ne dis plus jamais ça. C'est quelque chose que je ne supporterais pas

Tu disais vrai. T'imaginer abandonner Roki ce jour là ne t'avais même pas effleuré l'esprit... Le faire aujourd'hui encore moins. Petite égoïste que tu étais, à tout ramener à ta personne. Petite sotte que tu étais, incapable d'exprimer clairement ta peine et ton désarroi face à des paroles très engagées de sa part.

-...et quelque chose qu'un bon nombre de personnes ne supporterait pas. Je... Ta place ici est importante, Kumo a besoin de toi.

J'ai besoin de toi. Encore cette petite voix interne que tu fis taire derechef.
Encore une façon de t'écarter du problème. Encore un masque à la place de la chair.

Au fond, peut-être Roki ne se rendait pas compte qu'il avait l'allure de son père. A tes yeux, toi qui l'avait vu grandir, les deux se reflétaient l'un l'autre. L'un disparu, l'autre sauf. A la disparition du premier, le village avait réellement été sans dessus dessous... et tu sentais qu'à ce jour, le père avait complètement délégué sa tache au fils. C'en était presque effrayant.

Le miroir, ton seul allier, refléta ta propre personne. Cette personne faisait peur à voir. Cette personne se mentait à elle même et aux autres. Cette personne n'était plus toi. Cette personne sourit un instant, à ta place, comme moqueuse de ton désarroi.


.

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MessageSujet: Re: Vivre l'ellipse [PV Roki]   Ven 20 Sep - 23:08


Correction RP


> Surûto Yoruichi <

    Positif


    - Belle mise en page.
    - Bonne maîtrise de la langue.
    - Amélioration de la quantité sur le milieu et la fin.


    Négatif


    - Quelques petits oublis de terminaisons de conjugaison (j'ai relevé plusieurs manques de "s").
    - Quelques fautes d'inattention.
    - Réponses plutôt courtes sur le début.



    Récompense


      Nombre de mots : 389 + 433 + 715 + 805 + 720 = 3062
      Gain de mission : /
      Calcul : 3062/40 = 76.55 ~ 77  

      Expérience gagnée : 77XP.
      Ryos gagnés : /



Meï te donnera ta récompense. Wink


Correction RP
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