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De gros personnages libres, dont: Hidan, Kakashi,A Yotsuki, ou encore Jûgo ! Les villages sont attaqués par de dangereux déserteurs, Iwa est le premier village à avoir pu écarter la menace ! Kiri et Iwa sont de nouveau ouverts ! Konoha accepte deux ninjas inventés ! Les Nukenins inventés sont de nouveau autorisés !


LA CÉRÉMONIE DES OSCARS COMMENCERA A 22H CE SOIR !


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 « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »

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Membre ✿ Membre du Haut-Conseil de Suna (Rang S)


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Carte Shinobi
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MessageSujet: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Jeu 26 Déc - 0:06



Dokuganryū


« Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. » ► DESCARTES
Appelez moi par mon sobriquet, Dokuganryū, littéralement le Dragon Borgne. Mon nom et mon prénom sont ignorés de tous en les murs de Sunagakure no satô, ma patrie de cœur et ma terre d'accueil. Je ne suis pas né sur ce sable ardent mais dans un petit endroit au creux des montagnes du Fer, toutefois j'appartiens au corps d'armée du Sable depuis bien longtemps maintenant. Je siège au Haut-Conseil du village en plus de mes fonctions militaires. J'ai déjà passé sur cette Terre trente-et-un hivers et je n'en parais pourtant qu'une vingtaine, dû au fait que je sois descendant d'un survivant du clan Uzumaki. Je suis classé de dangerosité S.  



₪ LE CONTE DU BRETTEUR BORGNE ₪
物語 剣客独眼 ▬ MONOGATARI NO KENKAKU DOKUGAN



 J’écris ceci de de bon gré, par loisir et peut être un peu par nostalgie. Ces quelques chapitres racontent ma vie, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je serai honnête sur les faits, et je ne détournerai point à mon avantage les événements de mon anamnèse pour laisser derrière moi quelque chose de véridique sur l’homme que je fus et que je suis, qui- qui sait- passera à la postérité. Pour plus d’exactitude, je me suis servi des notes rédigées tout au long de mes aventures. Je dédie ce manuscrit à la rayonnante, la mirifique et regrettée Megohime, que j’eus chéri bien des années.

CHAPITRE PREMIER ▬ SACHE TES ORIGINES
Avant de vous conter mon histoire et ce qui a suivi ma naissance, je commencerai d’abord par mes origines -mes géniteurs entre autres choses- qui ont décidés de bien des pans de ma destinée. Depuis bien des étés et des hivers, au fin fond des hautes montagnes du pays du Fer vivait une petite communauté. Ceux qui la composait n’étaient pas natifs des environs et tous ensembles ils formaient ce que les villageois et autres engeances de la région nommaient le ‘Ryūshutsu’. Signifiant littéralement ‘les Exilés’ ou plus péjorativement ‘les Fuyards’, ces individus venaient pour la majorité des grandes Nations ninjas. La Feuille, le Sable, le Brouillard, le Nuage, rien n’avait d’importance. La provenance, l’ancien lieu de résidence et l’affiliation ne pesaient plus rien dans le creux des mains de ces géants de pierre vêtus de longs manteaux blancs tout le long de l’année. Ils avaient tous abandonnés –plus ou moins frauduleusement– leurs anciennes patries et rejoint cette confrérie dans un idéal de paix et d’exode. En la multitude de galeries et de pièces creusées dans la roche, on pouvait croiser des appartenant aux divers clans de ce monde. Pour l’exemple, celui qui fut désigné pour être mon parrain était un fier membre du clan Uchiha nommé Shingen. Chaque être en ces lieux avait une histoire atypique et celle du parent de Mikoto était aussi haute en couleur que n’importe qui ici. Au cours d’une mission d’escorte, ses camarades l’avaient abandonné à son sort par nécessité de protéger le Daimyô du pays du Feu, et avec l’étincelle de vie qui lui restât, il erra un long moment avant de faire la rencontre de mon père qui lui vint en aide, l’amenant dans cet antre cachée à la vue de tous. Fou de chagrin et d’irascibilité que ses pairs aient agis ainsi, il se jura de ne plus jamais servir autres intérêts que les siens.

Rescapés, cru morts, lassés de servir en courbant l’échine, tous ces quidams se rejoignaient en un point ; une envie de créer cette Utopie coupée du Monde tel qu’on le connait. Et ils réussirent ! Nara, Yôtsuki, Hôzuki et autres talentueux descendants de ces familles aux dons mystérieux, tous cohabitaient simplement dans la fraternité et l’entente la plus cordiale. Les autorités les toléraient sans vraiment cautionner, prenant tout de même soin de ne pas se mêler des affaires des Pays voisins. Tant qu’ils ne troublaient pas l’ordre public, ils étaient dans leur droit.

L’argent étant un impératif dans ce système, ils se voyaient donc les obligés d’une doctrine qu’ils avaient fuis et usèrent pour en obtenir de leurs divers talents, à l’instar des praticiens du mercenariat. Toutefois, ils se targuaient comme bons et justes, et la petite clique n’accepta jamais que des contrats pour défendre des valeurs vertueuses. Délivrer une zone des bandits, trouver des responsables de vols et autres, de telle sorte à ne pas interagir avec l’une des patries shinobi. Ils vécurent sous le joug d’une ère sombre, la guerre eut pris les hommes comme le faisait la mer et beaucoup ne revirent jamais les blondes chevelures de leurs progénitures.

Se tenant en dehors de ces perpétuels tourments, le groupuscule d’à peu près trois douzaine de personnes accueillit un événement heureux et attendu ; la naissance d’un enfant. Aboutissement d’un sincère et durable amour, je vis donc le jour entre les parois de Negaigotoyama et Shibiayama, successivement le Mont des Souhaits et le Mont Sévère. Cette localité était connue pour les deux masses rocheuses immenses, chacune ayant son histoire. Il se racontait que celui ayant réussi l’ascension du premier pouvait formuler le vœu qu’il lui seyait et que ce dernier avait de grandes chances de se réaliser. C’était en tout cas les dires du peu de gens que croisa la troupe dans les sentiers de la région montagneuse. Personne à cette époque ne se risqua à vérifier cette superstition, puisque le froid et la gelée quasi-permanente de ces territoires ne valaient pas le risque de mourir congelé ou d’une mauvaise chute pour pareille légende.

À me fier aux différentes affirmations de mon entourage une fois plus âgé, on me décrivit comme un beau nouveau-né bien dodu, souriant et peu brailleur. Okāsan m’avait maintes fois décris son émotion, voyant en mes prunelles cette même lueur bleutée commune à celle flamboyant dans les yeux de mon père. J’étais bien son héritier, il n’y avait aucun doute là-dessus.

Ce dernier s’était distingué parmi la congrégation comme l’un –pour ne pas dire le– des plus herculéens guerriers que connurent ces alcôves humides leur servant de refuge. Il faisait office de tête pensante pour ses gens et héritait de par son rôle de l’acceptation –ou du refus– des différentes quêtes. Sa compagne, malgré qu’elle soit de ce qu’on appelle maladroitement le sexe faible, n’avait rien à envier aux capacités des hommes. Communément, une femme se devait d’entreprendre une spécialisation dans le soutien, mais ma génitrice prit une direction bien différente. Kunoïchi dans toute sa splendeur, cette dame aux mœurs doux se trouvait être une belligérante aguerrie et encensée par ses pairs. Bien qu’elle sache guérir les plaies, sa spécialité était tout d’abord les arts élémentaires et surtout celui des sceaux, qu’elle maniait majestueusement.

Mes premières années dans ce monde furent paisibles et bercées par la troisième grande période de paix mondiale, subséquemment à la seconde Grande Guerre Shinobi qui fut assez mortifère pour pousser ces gens à cet exil choisi, et non forcé.

Trois hivers passèrent et je grandis loin des infrastructures cachées, emmitouflé dans l’affection d’une matriarche qui s’occupa entièrement de moi sans jamais me confier à telle ou telle nourrice. Elle aimait batailler, mais son instinct maternel fut bien plus fort. Je n’ai que quelques images fixes de ces moments dans mon esprit. Le sourire de ma mère, le bruit des semelles de mon père lors de rares moments ensemble entre ses retours de ses allées et venues et le rire bruyant de Shingen, que je considérerai bientôt comme mon oncle.

Je fus donc élevé dans cette cohorte mélangeant les couleurs, les genres et les accents. Mon esprit se consolidait autour de tous ces gens partageant avec moi us et coutumes. Il venait chaque soir un récit différent à mon ouïe. Les frères d’Or et d’Argent, l’inébranlable Shodai Hokage et son art unique en ce monde, son frère Tobirama reconnu comme un génie et bien d’autres encore. Loin des villages, je baignais pourtant dans ce pot-pourri leur étant si particulier, la psyché contemplative de ces héros aux capacités singulières.

Ce ne fut pas étonnant qu’à peine mes cinq ans passés, j’eus voulu absolument que mon parrain m’enseigne à moi aussi ce qui faisait des hommes de l’Est des shinobis. Je commençai par la base, à savoir ce qui était usuellement dispensé aux académiciens. Le Bunshin, le Kawarimi et autres joyeusetés furent bien vite considérés comme acquis pour moi, qui m’évertuait à donner le meilleur de moi-même. Chaque soir je pensai à tort et à travers à ce qu’étaient capables de faire tous ces hommes, et je me questionnai beaucoup sur mon propre potentiel.

CHAPITRE SECOND ▬ L'ENFANCE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE
Avant que je m’en rende vraiment compte j’avais atteint les sept printemps, les deux douzaines de mois passées à parfaire l’éducation qu’on avait bien voulu me prodiguer. J’étais capable malgré ma faible carrure d’émettre des lames de ma première affinité, le Vent. J’eus entendu un soir une conversation de mes parents, où mon paternel exprima son étonnement du fait que je ne me sois pas éveillé au Feu, comme lui bien des années avant. Je ne m’entraînais que peu avec lui, mon oncle –comme j’aime à le nommer bien que nous n’ayons pas de lien de sang– s’occupant la plupart du temps de me former aux divers domaines. Quand il partait en mission c’était ma mère qui restait à mes côtés, et je fus pendant ces années –à contrario de beaucoup d’autres– écarté de toute solitude. J’étais presque choyé, bien que mon apprentissage fût toujours d’une rigueur exemplaire.

Généralement, mes leçons se résumaient surtout à la théorie et la pratique du Ninjutsu dans diverses de ses formes. Shingen s’occupait de me faire courir, de valider mes séries d’exercices physiques et de constater mes progrès dans la mise en action du savoir acquit. J’apprenais vite et mes compétences pratiques se voulaient dans une bonne courbe d’évolution vis-à-vis de quelques autres garçons. Certes, je n’étais pas le meilleur mais sans doute possible, je fus le plus tenace. Quand je me retrouvais seul avec Okāsan, nous déroulions ce petit parchemin qu’elle conservait tel un artefact dans une pièce loin de toute humidité. Ensuite, je la regardai appliquer son sang sur le centre de celui-ci pour faire apparaître un rouleau large et lourd, pesant à vue d’œil une dizaine de de kilos. Nous restions alors à étudier ces lignes, d’un type de Kanji que seule ma mère parvenait à lire, selon ses dires. J’étais son fils, elle m’apprit donc ce langage, au fil des mois.

Quelque fois, mon père resta à la maison assez durablement pour que nous puissions nous permettre quelques heures çà et là d’échanger. Sa façon de m’inculquer les choses était différente de toutes celles que je connus au fil de ma vie. Nous discutions longuement, puis il en venait à s’opposer à moi un court instant pour me jauger. Cette fois-là, il fut content de ma performance, puisqu’il me fit l’accolade en souriant. C’était un homme imposant, dépassant d’une demi-tête ou plus la majeure partie des gens. Sa chevelure était noir de jais, ses tempes grisonnantes donnant sur un air strict et respectable. J’étais un enfant tardif et bien que je n’eus que sept ans, lui avait déjà dépassé la quarantaine. Ce fossé temporel n’interféra jamais entre nous ; je le considérai comme un modèle de vertu et de savoir et je pris ses paroles comme évangiles. Il eut juste assez de temps pour me donner ma première leçon de kendō, dont il était fervent pratiquant. Je reçus une épée de bois, un peu lourde pour mon bras. Il dût alors partir, et je me mis en tête qu’avant qu’il revienne, j’aurai tant progressé qu’il serait obligé de me considérer comme un véritable ninja. Si je recoupe mes performances avec les recrues actuelles de Sunagakure, j’étais déjà au niveau d’un Chūnin de notre époque. Pourtant, j’étais toujours bien faible face au ‘muscle’ de notre communauté, composé des plus vaillants qui iraient chercher de quoi nourrir ces bouches, peu à peu un peu plus nombreuses. Je voulus prouver mon efficacité et comme souvent la jeunesse me fit agir avec passion et impulsivité plutôt que recul et tempérance.

L’image du fourreau blanchâtre de mon père me motiva tant que je me mis à solliciter tous les bretteurs. Ma mère n’en était pas adepte et mon oncle prit le même chemin que mon père vers un contrat qui promettait assez de ryôs pour qu’on puisse traverser l’hiver sans soucis. Quand je ne révisais pas le Fûinjutsu avec ma mère, je cherchai donc un homme capable de m’apprendre à devenir une fine lame. Je me promis qu’un jour, je manierai moi aussi « 宵闇姫 – Yoiyamihime ». C’était le legs du père au fils depuis longtemps dans la branche paternelle de ma famille, et les parures brodées de son étui me faisait miroiter d’immenses victoires, fièrement accrochée à ma ceinture.

La totalité des sabreurs du camp était partie au front avec le fort des troupes. Je profitai donc d’une balade dans la gorge du Mont pour prendre un peu l’air entre deux leçons de ma mère. Je réfléchis longtemps, là entre deux arbres enneigés, jusqu’à que la providence mette sur mon chemin quelques personnes. J’avais déjà croisé bien des fois des habitants des bourgs avoisinant, au pied des éminences calcaire. Ils ne nous portaient pas plus d’attention que cela, sachant pertinemment le genre d’activités que les miens entreprenaient. Ils nous jugeaient bons pour la région, du moins ce fut l’avis qui me vint des habitants du hameau. Nous cohabitions.

Ceux-là étaient en train de se disputer au milieu d’un chemin, leurs railleries arrivant à mes oreilles tandis que je me tenais un peu plus haut qu’eux. J’entendis alors brusquement mais nettement le si commun bruit de l’acier contre la chair, et deux corps chutèrent au sol. Je tendis alors un œil hasardeux de derrière mon buisson d’aubépine et effrayé je constatai deux silhouettes inertes dans la poussière tout juste soulevée. La peur rugissait au fond de l’être chétif que j’étais. Le sort devait rire de moi, pensai-je. Je voulais un manieur de lame et je l’avais obtenu. Le dernier homme debout continua sa route vers moi sur le sentier de caillasse et j’étais si apeuré que mon corps refusa de bouger en le sentant approcher. Pétrifié, ce fut un sourire de ce dernier qui me fit prendre conscience de la situation. Il n’était ni sadique, ni même mal intentionné. Ce vieil homme respirait la bonté et la sympathie et je me laissai tenter à croire au fil des mots échangés que ma situation n’était pas si désespérée. Il justifia son acte par sa version ; ces usuriers le poussaient à rembourser des dettes fictives, payées depuis bien longtemps et il dût se résoudre à employer la force. Je me trouvai au mauvais endroit, au mauvais moment, toujours selon ses dires. Reprenant mon calme, nous discutâmes quelques minutes et il m’expliqua qu’il logeait près d’ici, propriétaire d’un lopin de terre qu’il avait reçu suite à ses loyaux services dans la force armée du pays du Fer. Je lui promis de garder le silence, et en retour il s’engagea à m’apprendre comment dans ce pays, on faisait danser le métal.


CHAPITRE TROIS ▬ MIEUX VAUT SAVOIR MANIER LE VERBE PLUTÔT QUE LA LAME
Je me rends compte que j’ai éludé quelques choses à savoir sur mon hérédité, je vais donc essayer de vous décrire les quelques branches les plus basses de ma généalogie. À l’époque j’en savais peu, mais trente années sur cette terre m’ont permis d’acquérir bien des renseignements. Je fus le fruit d’un métissage de deux éminentes familles. Ma mère, à sa chevelure de feu et sa connaissance des sceaux, était facilement identifiable comme l’une des peu nombreux rescapés du clan Uzumaki. Quant à mon père, il était de la famille du Hokage actuel, Hiruzen Sarutobi. Ce savant mélange de genres dota ma personne d’une singularité rare. Vous vous demandez pourquoi cela revient sur le tapis, mais la réponse à votre question sera bien plus qu’évidente dans ce chapitre de mon existence.
Reprenons donc les choses où nous les avons laissées.


Ce marché passé me tarauda tout le long du retour et une fois arrivé au camp, je réfléchis à dévoiler ou non cette insolite rencontre. Finalement je confiai à ma génitrice ma péripétie et sa réaction m’étonna. Quand mes lèvres laissèrent échapper le nom du barbon, les siennes se fendirent d’un rictus amusé, sur ce faciès dont je garde encore aujourd’hui le plus doucereux des souvenirs. Elle m’expliqua qu’il était connu dans la région pour agir avec la même honnêteté que s’efforçaient d’exercer les miens. Elle accepta finalement une possibilité née dans mon esprit que je me forçai à plaider devant elle. Je pus donc passer –du lever au coucher de l’astre solaire– mon temps chez cet intriguant barbu les cinq premiers jours de la semaine. Les deux restants, j’avais droit à mes cours de lecture et à l’apprentissage au sceaux, en plus de m’amuser avec mes autres congénères et autres joyeusetés de pré-adolescent.

Quand je me rendis la première fois là où il m’avait invité à notre précédente rencontre, il m’accueillit allègre, ployant la colonne devant moi dans un salut solennel. Je le lui rendis, puis il m’invita à entrer pour discuter un peu plus. Nous eûmes bu deux tasses de son thé au jasmin avant que le fil de l’échange se révèle vraiment important. Celui qui me faisait face en me dépassant d’une demi-tête se nommait « 不死身 芸術家 – Hifumi Geijutsuka ». La signification de son nom me tira un profond sentiment de respect quand il le prononça. L’Artiste Immortel, rien que ça...mère n’était de toute façon pas assez sotte pour m’envoyer dans un guêpier au côté d’un dément. Je m’en convainquis.

Il me décrit son parcours, semé de longues et éprouvantes batailles, ses victoires comme ses défaites. Il était bardé de cicatrice et l’homme laissait déjà à deviner sans même parler un lourd passif. Même parmi ses pairs, tous épéistes d’expérience, il se prévalut d’être l’un des meilleurs de sa génération. Il n’y avait pas d’orgueil dans son ton, seulement une note de nostalgie, palpable.

Geijutsuka me développa ensuite ce qui serait les bases du savoir divulgué. Il commença par son code d’honneur –à savoir le « 武士道 – Bushidô » et son fondement le « 武家諸法度 – Buke Shohatto »–. Ceci-fait, il m’invita à rejoindre une pièce au fond de sa large bâtisse. Le sol de la mansarde était recouvert de tissu rougeâtre agréable à piétiner de mes plantes de pieds nues. Nous passâmes l’après-midi à échanger quelques passes d'arme et du même œil que mon père ou mon oncle, il m’évalua. Le bokken sur l’épaule, je rentrai chez moi fatigué de cet après-midi d'effort, ébahis par tant de sagacité et de savoir dans un seul homme.

Je passai donc à ce rythme deux mois sous son égide. Chose étonnante, il ne m’appela jamais par mon prénom. Sous un figuier classé, il me conta un jour l’histoire de son fier bataillon. Elite de leur nation, ils étaient chargés des tâches les plus ardues et connurent bien des Guerres, à tel point qu’à sa dissolution le Taishô nomma les hommes le composant « 八 佩剣竜 – Hachi Haikenryū » littéralement les Huit Epéistes Dragons. Il était l’un d’eux, usé par les méfaits du temps et de la sénescence. Il me narra que ses frères n’étaient désormais plus que deux, les autres ayants pour la plupart trouvé le Shinigami au champ d’honneur. Sous ces branches ployant de neige, je lui annonçai avec conviction que moi aussi, j’étais digne d’être l’un d’entre eux et en riant il me désigna comme « 若手竜 – Wakateryū », jeune membre des Dragons. J’en fus tellement glorifié que je me fis appeler uniquement par mon nouveau pseudonyme, avec mes jeunes amis du camp comme avec les adultes.

À contrario de ce à quoi je m’attendais, il me fit beaucoup lire et pratiquer des exercices de souplesse et de rapidité plutôt que de force pure. Trois heures avant le crépuscule, chaque jour, il m’apprenait ses Katas à l’aide d’une épée de bois lestée appelée suburitō. Entraîné par la liesse, soixante jours m’en parurent six. Puis, mon père et ses compatriotes revinrent enfin.

Abîmés et épuisés, ils comptèrent leur bataille sans que j’en manque une miette. Ceci fait, chacun rentra chez soi pour profiter du plaisir de retrouver les siens –du moins ceux qui le purent, deux de nos représentants ayant été emportés vers les portes de l’au-delà. Une fois réunis dans notre foyer, mon père s’attarda un peu sur ses belligérances puis il me sollicita pour que j’explique ma petite part de chemin en son absence. Nous partîmes vers le terrain d’entraînement, recouvert d’une large pellicule de neige, mon créateur trouvant le principe de l’action plus intéressant que celui de la théorie, chose que je partageai déjà avec lui malgré mon âge.

Nonobstant notre deuil, nous croisâmes donc la lame. Il fut subjugué de la rapidité de mes mouvements contrastant avec mon corps si frêle. Je pus même le toucher au corps, pour la première fois. Étonné et fier, il baissa son bâton de bois taillé puis recula, me faisant un signe de tête exhaustif. Je compris qu’on passait au Ninjutsu. Mon Fūton dissolvait maintenant son équivalent de Feu et encore une fois je vis ce sourire qui avait le don de me donner confiance en moi. Je lui montrai ensuite mes progrès dans les arcanes du clan de ma mère, qu’il accueillit avec bienveillance. Sur le retour, il me questionna sur le comment du fait que j’avais tant progressé dans la maîtrise de mon bokken et je me résignai à lui répondre avec sincérité. Il sut alors le crime que j’avais aperçu et ce qui en découla ; cette formation l’intriguait bien trop pour qu’il ne s’en mêle pas.  

Après une discussion animée avec son épouse, il en ressortit le fait que le fier Sarutobi se dû d’aller visiter ce vieillard dont on disait tant de bien, dans sa propre maison. Le jour suivant il y alla sans moi, et je ne sus jamais vraiment ce qu’ils se dirent. Il en résulta que je pourrai continuer à ses côtés cette discipline, un jour m’étant retiré avec Geijutsuka au profit d’un avec mon oncle. Ce fut à ce rythme que trois longues années défilèrent. Dans le courant de ces dernières, j’appris profusément, sur plusieurs plans. Je raisonnai sagement et avec déférence, restant humble et soucieux de mon prochain bien que mon potentiel se soit vu découvert et mis à l’épreuve. Je ne me crus jamais supérieur et je me liai même d’amitié avec plusieurs autres jeunes, dont une jeune fille qui me fit forte impression. Elle se nommait Megohime, future souveraine de mon cœur et nous partageâmes en ce temps une sympathie sans bornes. Quant à mes talents de bretteur, l’Artiste m’en appris assez en trente-six mois pour que j’arrive à désarçonner et désarmer les personnes d’une décennie de plus que moi. Ce vieillard respectait mon géniteur et ce sentiment fut vite réciproque. Quelques fois, le Sarutobi venait discuter avec lui dans son petit lopin de terre, pendant que je m’exerçai aux arts martiaux contre des poteaux de bois.  

C’est après ces trois ans que je me rendis compte que ce que j’avais connu s’effritait de plus en plus, comme le ferait la terre sèche sous le soleil ardent. Cet équilibre tombait en désuétude au fil des mois, ma proche famille s’en allant plus souvent qu’à l’accoutumé remplir des contrats. Les dernières saisons avaient été difficiles et s’ils voulaient survivre confortablement et offrir un train de vie décent à leurs enfants, c’était le seul choix. Tous ces gens ne savaient que combattre et mettre leurs individualités de côté pour une cause et c’est ce qu’ils firent. Ils déteignirent sur moi, ça m'est aujourd'hui évident.

Je me vis peu à peu doté d’un calme olympien, mes principes moraux se forgeant en étudiant le Bushidô. J’étais un jeune garçon de dix ans désireux de faire chanter la lame et d’apprendre, encore et toujours. Un soir d’automne, l’aube aidant à dégager sur ce panorama blanc pur une teinte navel et mielleuse, je combattis pour la première fois avec une lame. Mon adversaire fut Shingen, qui souriait depuis le début de la journée d’une façon inquiétante. Juste avant cette leçon, père me prit à part et m’offrit ma première lame. La solennité se mêlait à une affection père-fils et mes yeux brillèrent en voyant le même fourreau que celle que lui-même portait. Un chef-d’œuvre forgé par un des meilleurs artisans du pays, un dōtanuki qui me sembla un peu lourd pour ma carrure actuelle. C’était un investissement conséquent, mais selon mon patriarche, nécessaire. La tresse était blanche, et l’étui lui-même d’un noir de jais. Je le passai à ma ceinture en le remerciant, et je me rendis donc affronter mon oncle.

Nous nous vêtîmes chacun d’un plastron en cuir épais, puis l’affrontement débuta. Je m’étonnai de l’aisance avec laquelle je la maniai, bien qu’elle soit trop longue et lourde pour mon bras. C’est ce matin-là que je vis pour la première fois ce qui rendait Shingen célèbre. Ses pupilles virèrent au vermeil et trois virgules noires se figèrent. Le fameux Sharingan du clan à l’éventail. Je fus défait facilement par cette arme qui lisait le moindre de mes mouvements et qui semblait me dompter. Je m’enorgueillis en me vantant de l’avoir obligé à s’en servir mais au fond de moi, j’étais frustré que mes talents se voient effacés par si simple artifice.

Quelques mois après, alors que j’accompagnais l’Artiste Immortel dans une ballade autour d’un lac figé comme le verre, ce dernier fut pris d’une violente crise de toux. Il en avait de plus en plus fréquemment ces deux dernières années mais ce fut la première fois qu’il en cracha du sang. Quand il comprit que son temps était compté dans le Royaume des Mortels, il me transmit alors une tirade, qui s’avérerait pleine de sens.

Je t’ai appris tout ce qu’un vieil homme peut et se doit transmettre. Bien que tu ne maîtrises pas le savoir prodigué, il est là, gravé dans un coin de ta mémoire. Si tu veux continuer à t’exercer dans cette formidable voie qu’est la nôtre –son dernier mot résonna à mes oreilles comme le glas d’une grande victoire– il te faudra parfaire ton apprentissage. Voici une lettre. Va à la Capitale et trouve la personne qui porte le nom inscrit dessus. Cependant, n’y va que quand tu seras prêt, Wakateryū.

Je ne répondis pas, conscient de tout ce que voulais dire chacun de ses mots. Nous discutâmes longuement puis je pris la route de chez moi. Ce fut la dernière fois que nos routes se croisèrent, la nuit suivante lui ayant été fatale. Mon cœur s’emplit de chagrin, et voir sa dépouille ainsi avant qu’il soit mis sous bière m’arracha des larmes. Je me promis de le rendre fier et de faire connaître le fier Dragon qu’il avait fait de moi.



CHAPITRE QUATRE ▬ DIES IRÆ
Je savais que pour être prêt, il me faudrait encore bien des années, et ce fut le cas. Trois ans de plus pour atteindre le sommet où voulait me voir culminer l’Artiste Immortel. L’enfance était finie pour de bon. J’étais désormais un adolescent d’à peu près un mètre soixante-dix, musculeux et érudit. Tout ce que m’avait laissé Geijutsuka, je l’avais étudié et parfais encore et encore. J’étais même allé au de-là, puisque je maniai désormais deux lames. C’était contraire à l’usage, mais je me révélais bien plus performant. Ma maîtrise du « 居合道- Iaidō » double était redoutée dans les parages et maintes fois j’avais gagné des duels dans quelques Dojos.

Treize ans et déjà l’envie de m’affirmer en tant que fier héritier de la volonté de l’Artiste. Malheureusement, le sort ne voulut pas une telle tournure pour moi et une chose dont j’ignorai tout s’ajouta aux paramètres. La Troisième Grande Guerre Shinobi. J’avais entendu des milliers de récits sur la première et la seconde, mais jamais je n’avais eu à affronter telle épreuve. Les Grandes Nations se mirent en branle, et nous, pauvres âmes cherchant la paix, nous eûmes comme seule réponse le langage parlé dans ce genre d’époque ; la violence.

Eux qui luttaient contre l’injustice ; elle devint fréquente. L’intérêt des petites gens fut balayé pour cette même avidité caractéristique des Shinobis. Cette envie de supériorité et ces perpétuels meurtres entre eux le démontraient bien, et je me jurai de ne jamais être si pitoyable. Mon jeune cœur plein de noblesse ne savait pas encore la véritable face des mœurs sur cette Terre, et à Tetsu dans mon pays neutre, j’ignorai encore tout de ces villages cachés.

Il fut proposé à mon père, chef de la confrérie, une somme substantielle pour qu’il se joigne à la force de  frappe d’une armée. Quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris que c’était pour le compte d’Iwagakure no sato. Avec cet argent, nous avions assez pour le terrain dont père m’avait tant parlé, où il espérait construire une gigantesque bâtisse pour nous abriter tous. Les adultes consultèrent les anciens et chaque responsable pour débattre et il en ressortit un fait qui me déplut. Nous allions nous en mêler...

Les plus vaillants se préparaient au combat tandis que les personnes âgés et les enfants furent écartés et abrités au fond des galeries de pierre, me paraissant plus austères et froides que jamais. Je me retrouvai au milieu, et certains me dirent de rester. Mère, père et Shingen partaient au front et je ne pus me résoudre à écouter leur directive. Ils comptaient sur le fait que je défende le campement, mais à force de refus catégoriques, ils comprirent qu’il fallait me mener avec eux.

Je me souviens de ma première fois au front comme on effleure une cicatrice sur l’épiderme. J’étais déterminé à gagner cette bataille pour l’idéal de cette immense maison où nous logerions tous. Mon utopie. Une fois construite, les années passées, je tenterai ma chance avec la belle Megohime et je l’emmènerai avec moi à la Capitale, avec le sentiment sûr que les miens seraient au chaud. Mais entre ce qu’on pense et ce qui se passe, j’ai appris qu’il y a une fosse abyssal.

Le soir avant l’affrontement, mon père me fit venir dans sa tente. Il m’expliqua clairement le plan, mon positionnement dans celui-ci et après que j’ai bien compris chaque détail, il m’offrit une caisse large en bois solide qu’il m’invita à ouvrir dans mon voilage. Une fois dans celui-ci, je l’ouvris pour découvrir une solide armure faite d’un alliage qui semblait à l’œil une mixtion d’acier et d’argent. Je sorti le tout de son paquetage, et je la jaugeai longtemps. C’est ainsi que je vis dans un des plis du métal une enveloppe cachetée comme celle laissée par Geijutsuka, sauf que concernant celle-ci, je n’étais tenu de la garder scellée. En l’ouvrant, je reconnus l’écriture du vieillard et étonnement ils m’étaient adressés.

« Si tu ouvres ce présent avant d’avoir eu à aller à la Capitale, j’en suis fortement désolé. Sois hardi, résistant et que ce revêtement te protège. Je te sais capable de bien des exploits arme au poing. Fais attention à toi, jeune Dragon. Tu portes l’étendard de la fierté des Hachi Haikenryū maintenant. Justice et vertu seront ta canne, péché et vice ton fardeau. »

Je repliai le papier soigneusement après avoir scruté chaque Kanji avec gravité, puis j’essayai fortuitement de dormir. Ma psyché se voyait victime d’une grêle de pensées toutes maussades. L’excitation avait laissé place à la nostalgie du temps au côté du vieux sabreur ainsi qu’un profond doute sur mes aptitudes.

Mon ancien maître me répétait souvent qu’avoir trop confiance entraînait la fumisterie et le dédain, mais que ne pas en avoir assez était tout aussi handicapant. Il fallait selon lui contrôler parfaitement ses sentiments, comme ses sens ou son esprit. Je m’évertuai à suivre son conseil, méditant jusqu’à l’aurore face à paysage montagneux. Quand il fut l’heure, je revêtis ma cuirasse et mes deux lames à la ceinture, j’étais prêt à croiser le fer. C’est au matin que les hostilités furent lancées, dans une large prairie entourée de conifères. Certains raillèrent mon accoutrement, mais mon Kabuto vissé sur la tête, mon esprit s’était coupé d’eux pour se préparer à la tâche faisant fi des moqueries. Mère et père étaient à ma gauche et mon oncle à ma droite, notre famille soudée dans l’adversité. Nous étions dans un bataillon composé de ceux des Ryūshutsu et d’autres shinobis de la faction pour laquelle nous combattions. À cause de l’hérédité de certains des miens, les Iwa-jin les regardaient avec mépris. Malgré mon jeune âge, je parus ce jour l’un des moins effrayés à l'idée de combattre.

Ce pré fut le théâtre d’un affrontement gargantuesque où tous les arts du combat furent usés à des fins meurtrières. Je n’échappai pas à la règle et dans le brouhaha ma lame trancha pour la première fois la peau d’un autre individu en lui ôtant la vie. Je me souvins toujours de son visage crispé par l’angoisse de l’Après et du sang, tout ce sang... Je dû vite me ressaisir et ce ne fut pas le seul à tomber sous le fil de mes dōtanuki d'ici à la fin de la journée. Mais à quel prix ?

Le terrain était déformé et transfiguré en un véritable mausolée à ciel ouvert autour de moi. Partout gisaient les corps suppliciés des deux camps et bientôt, apeuré, je criai aussi fort que ma gorge me le permit. La paume sur mon œil droit, je pleurai de lourdes larmes atterrissant dans la glaise sanglante. Ma paupière portait une brève trace de lame, et je compris bien vite que mon œil était perdu, ce pourquoi je déversai ma rage dans l’air ambiant.

Je m’évanoui sûrement, car quand je repris conscience, j’étais alité, mon œil bandé par du lin blanc enroulé autour de mon crâne. Mes deux géniteurs et mon oncle étaient présents dans la pièce, me contemplant avec  un air dépité commun aux trois adultes. L’un des ninjas médecins de notre communauté ne tarda pas à se présenter et m’expliqua que je ne reverrai sûrement jamais de l’œil droit. La réalité me fut amère et me désillusionna de mes rêves de gloire, me poussant dans un abîme de désespoir. Démoralisé, nous rentrâmes au bercail avec notre dû. Sur place, taillé dans un des cuirs les plus nobles, incrusté d’un symbole stylisé m’étant inconnu, ma mère m’offrit cette espèce de bandeau que je glissai sur ma plaie une fois le tissu retiré.

Quelques soirs après ça, je confiai à mon paternel mon dégoût actuel pour la vie et il m’assura que même avec un œil je pouvais certainement mettre en œuvre bien des choses en ce monde. Peu convaincu, je n’étais pourtant pas prêt d’abandonner. Je savais seulement que j’allais devoir donner bien mieux de ma personne dans cette future tâche paraissant si difficile. Pourrai-je un jour être l’un des meilleurs sabreurs au monde ? Rien n’était moins sûr maintenant que j’étais éborgné... Mon père coupa le fil de ma pensée morose, posant ma tête sur son épaule dans un geste paternel. Je ne pus faire autre chose que verser encore une fois des larmes.




N’ayant pas le courage de revoir ma belle dans cet état, j’essayai de l’éviter pour ne pas lui offrir ce spectacle atroce. Pourtant, quand finalement nos chemins se croisèrent dans les alcôves de la montagne, elle me prit dans ses bras en sanglot et bercé par son parfum suave, j’oubliai mes soucis un instant. Nous discutâmes pendant de longues minutes, m’efforçant de lui peindre le tableau de cette journée. Malgré mon œil bandé, elle semblait m’apprécier autant qu’à mon départ, ce qui réchauffa mon cœur. Dans les cendres de mes espoirs futurs renaissait tel le phénix ma ténacité caractéristique.


CHAPITRE CINQ ▬ DEVOIR ET ENVIES
Il me restait un œil, mais il suffisait pour voir le millier de portes ouvertes face à moi, me menant chacune sur un chemin différent. Après avoir réfléchit profondément, je décidai d’aider à la construction de notre havre de paix, puis de partir vers le cœur politique de Tetsu à la recherche du mystérieux individu dont le nom décorait la lettre laissée par mon ancien senseï une fois l’empilage de roches terminé.

Il nous fallut deux ans pour mener à bien ce projet. Enfoncé dans les terres du pays du Fer, bien loin des deux monts qui m’avaient vu grandir, nous construisîmes hardiment ce qu’on décida de nommer « 流出寮 – Ryūshutsuryou », le Repaire des Exilés. Tout ce temps à travailler avec les hommes me fit prendre une carrure bien plus large. J’avais alors quinze ans et déjà on aurait pu m’en donner quatre de plus. La matinée, je prenais soin de m’entraîner à la lame et parfois même je méditai seul au milieu de la nature luxuriante mais ensevelie par la quasi-perpétuelle neige, sur les choses de la vie. Après avoir contrôlé ma peur, je pensai à tous ceux des miens tombés au combat qui n’habiteraient jamais dans ce manoir... Le reste du temps j’aidai de mon mieux et je n’étais plus considéré comme un enfant. C’était une évidence, puisque même sans mon œil droit, j’égalai ou dépassai la majorité d’entre eux. Mon oncle et mon père étaient mes plus rudes adversaires bien que très différents dans la manière de se servir d’une lame.

J’étais de l’école du « 居合道 – Iaidō » leur étant bien étrangère. Ils étaient des shinobis, mais je ne pouvais en dire autant. Jamais je n’avais servi quelconque Nation, si ce n’est pendant cette funeste bataille. Je n’étais pas né en leurs terres et bien que les racines de mon être fussent enchevêtrées par mon hérédité à Konoha, je n’éprouvai pour eux aucune amabilité explicite. Je me disais qu’ils étaient semblables aux autres, pour obliger mes géniteurs à se réfugier ici.

Bientôt, Wakateryū devint Dokuganryū, le Dragon Borgne. Ce surnom était une évidence, et il fut adopté et utilisé même par mes parents. On disait de moi que j’avais le savoir d’un ninja, mais avant tout un mental et un style de combat traditionnel dans le pays du Fer. Sans vanité aucune, j’étais sûrement l’un des jeunes les plus talentueux des contrées enneigées, détonnant même parmi leur rang par ma pratique parallèle du « 兵法二天一流 –Hyoho Niten Ichi Ryu », l’École de la stratégie des deux Cieux comme une Terre. J’étais un habile panachage, novateur dans mon style qui progressait en tout temps. Mon potentiel était encore bridé et je le savais.

Les terres autour du Ryūshutsuryou avaient été labourées et il était temps pour eux de mettre leurs lames au placard pour cultiver mère Nature. J’en étais retourné mais bien entendu, ils ne comptaient pas sur le fait que je devienne paysan. Shingen et père avaient la cinquantaine passée, comme Okāsan. Cette dernière en paraissait à contrario la trentaine à peine. Les anciens s’étaient concerté et il en ressortit qu’ils n’accepteraient plus jamais un contrat. Quand j’eus digéré la nouvelle, père me fit venir et m’offrit comme l’avait fait son père avant lui « 宵闇姫 – Yoiyamihime », la princesse crépusculaire. Une larme de joie glissa de mon seul œil libre, tandis que je l’étreignis. Derrière les mots et les cadeaux, il y avait toujours une signification. On n’en offrait ou n’en dispensait que peu entre ces murs, pour les faits marquants. Bientôt, il viendrait le temps où je devrai quitter ma chère famille pour vivre ma propre existence et réaliser une destinée que je voulais grandiose ; à l’image de Sarutobi Sasuke.

Pendant une année après que nous ayons construis le repaire, je me jetai à corps perdu dans l’entrainement. Je me rapprochai dans cette même période de la mirifique Megohime, et nous devinrent bien vite un jeune couple plein d’espoirs. Elle respectait mon engouement, m’encourageant même et sans son soutien, je n’aurai pu être l’homme qui écrit ces lignes... Au courant de ces douze mois je pris même le dessus sur mon père à l’arme blanche, bien que mon parrain reste encore invaincu. Son dōjutsu palliait à son manque de savoir dans la Voie samurai, et plus encore. Ce fut à la fin de cette longue année que ce que j’avais tenté de mettre en place ne se montra pas vain.

Au cours d’un combat de longue haleine, je le mis à terre et il en fut aussi stupéfait que moi. Certes il était bien plus vieux, mais sa forme physique était celle d’un homme dans la force de l’âge. Mon « 兵法四天一流– Hyoho Yonten Ichi Ryu », fruit de mois de travail me permit de me défaire de ma prévisibilité et de surpasser l’œil tournoyant après maints efforts. Je maniai désormais quatre lames comme sorties d’entre mes phalanges, qui dansait en rythme et se dégainaient puis se rengainaient dans une frénésie telle que si j’avais usé de mes lames de métal ce soir-là, Shingen aurait été vilement lacéré. A peine avais-je atteint les seize ans que mes dispositions avaient bien changés, véritable fusion de mes différents enseignements. Ayant réussi à le vaincre, je pris la décision qu’il était temps et je me préparai après de longs échanges qui alourdirent mon cœur déjà pesant de devoir quitter ce lieu.

Malheureusement je ne pus emmener avec moi ma bien-aimée, puisque je n’étais même pas sûr d’avoir un toit sur place. Les adieux furent déchirants, et je lui promis de revenir la chercher une fois mon entraînement effectué. Ça pouvait durer des années mais nous étions persuadés que la distance ne pourrait rien face à cet amour solide et véritable. Ma mère m’offrit son parchemin ainsi qu’un autre, encore jamais ouvert. Mon oncle m’apporta une pièce d’armure, représentant le croc d’un dragon stylisé en fin croissant de lune, pièce à attacher telle armoiries à mon kabuto. Mon père me chuchota quelques mots à l’oreille, puis je partis seul dans cette froide matinée à la rencontre de l’inconnu.

Seul je traversai la nature sauvage, chassant et cueillant pour me nourrir tout en puisant dans mes provisions. J’étais fin limier, capable de suivre un homme ou une bête sur des kilomètres en observant. Au sacrifice de mon œil, j’avais gagné des sens encore plus aiguisés. J’arrivai bientôt là où résidait nombre des nobles de ce pays et après avoir parlementé avec les gardes, inquiétés par mes quatre lames, je pus me rendre chez cette personne en me renseignant au centre du village. Ladite cible de mes recherches était connue et je fus rapidement devant sa porte. Je frappai puis remis la lettre à la première personne qui sorti sa tête dans l’encadrement. La vieille femme en question saisit le papier puis referma. Quand les gonds tournèrent, ce fut un vieil homme qui m’accueillit et m’invita à entrer.

Il m’interrogea sur mes dernières années et avec le plus de clarté possible je lui résumai mon enfance, mon adolescence et mon avancement dans la Voie de celui qui porte l’épée. Il me fit monter, me présenta une petite chambre de bonne et me somma de déposer mes affaires.

Je ne sais quoi vous conter sur cette période. Je ne fus pas proche de cet homme comme il en était question entre Geijutsuka et moi. Nous échangeâmes toujours des propos respectueux et pleins de sérieux.  La Guerre était finie et j’étais plongé dans tous les ouvrages que possédait ce vieillard, écrivant de temps en temps à mes proches quand j’en avais le temps. Je restai dans cet endroit deux ans, à parfaire encore mon style grâce à des mélanges de Katas. Dans le même temps, j’étudiai énormément l’art des sceaux, grâce au nouvel objet légué par ma génitrice.

Quand j’eus dix-huit, je retournai chez moi avec hâte, mon apprentissage auprès de ce samaritain terminé. Il m’avait transmis comme d’autres avant lui son savoir et encore aujourd’hui je lui en suis reconnaissant. Retrouver mon sang m’emplit de bonheur, ma chère et tendre tout autant. Mon entrainement était terminé, et je me devais maintenant d’accomplir ma tâche et prendre des responsabilités. Pendant un an, tout en habitant dans le grand manoir toujours peuplé de ces différentes ethnies, je me mis à servir l’armée de Mifune, dans laquelle je montai vite en grade de par mes prouesses. Pendant ce laps de temps, je ne fus jamais défait, ce qui répandit vite ma réputation de Dragon Borgne à travers la contrée.

Alors que je m’habituai à cette vie au service d’une armée puissante et ordonné, le Sort me frappa d’estoc. Ma belle fut prise d’une affection qui l’enfonça peu à peu dans une agonie lente et ténébreuse, où je la vis descendre inlassablement. En quelques mois, je pouvais sentir qu’elle allait me quitter pour rejoindre les Justes. Malgré le soutien des autres, je senti avec elle s’évaporer une partie de mon âme. La seule façon de trouver la paix après cet événement fut de quitter cet endroit, ce pays. La neige me rappelait son teint, le chant des oiseaux son rire gracieux.

Pendant de longs mois, j’errai entre les pays, affrontant parfois en duel quelques quidams tentés en me voyant porter ainsi six lames. J’avais apporté la lame offerte par mon père au meilleur forgeron de Tetsu et je lui en fis forger cinq autres, amer et distant. C’est à cette période, alors que je revenais vers la frontière du fer,que je croisai le dénommé Fûma. Je restai en sa compagnie quelques mois puis finalement je pris une décision qui allait tout changer. J'eus beau côtoyer et contempler le monde, il me répugnait pour tant de raisons que l’exil me sembla la meilleure solution, comme l'avait pressentis mon père longtemps avant moi.


CHAPITRE SIX ▬ RENOUVEAU
Après maintes péripéties et de durs efforts, c’est l’année de mes dix-neuf ans que je côtoyai pour la première fois un temple religieux de la sorte. Il était immensément spacieux, comportant peut-être plus d’une centaine de pièce, forgé dans le roc d’une montagne où crapahutait une large cascade d’eau. Je plaidai ma cause au chef de cet endroit, et je lui expliquai mon histoire, mais surtout mon but. Je voulais siéger –au moins pour un temps– parmi eux pour porter mon deuil et me convertir un peu plus encore dans la Voie, loin de tout et tous. Après une longue discussion, il me fut accordé une chambre ainsi qu’une pièce large emplie de mannequins de bois. Une fois nettoyée et rangée, elle fut parfaite pour méditer ainsi que m’exercer. Issu d’un véritable métissage culturel, je me liai vite à ces êtres bien différents de moi.

Shōrin fut bon et généreux avec moi, et la majorité des habitants de ce palace aux murs peints de fresques furent d’aussi bons hôtes. En m’intéressant, j’appris beaucoup de leur mythologie et leurs rites, mais ce qui m’époustoufla fut leurs talents de combattant. Loin de la Guerre et des Hommes, ces croyants s’exerçaient énormément ; mangeaient toujours sain et étaient d’un calme bien similaire au mien. Ils m’apprirent à méditer, à sculpter mon corps du muscle le plus solide. Les plus expérimentés d’entre eux pouvait passer au travers du feu sans même que leurs vêtements soient brûlés, indemnes.

C’est dans cette culture que je passai cinq longues années qui furent bénéfiques à un point inespéré. J’étais devenu en l’espace d’une demi-décennie aussi mature que pouvait être un adepte du Bushidô. Durant tout ce temps, je ne fis jamais couler le sang et mes six fourreaux restèrent scellés. Et pourtant, j’étais maintenant un véritable maître ayant créé ses propres katas et sa propre école, même si ce ne fut pas le seul savoir que j’emportai d’entre ces parois rocailleuses.

Sans aller jusqu’à devenir l’équivalent d’un senseï, le dirigeant du monastère me divulgua des choses inconnus à nous autres de l’extérieur. Je lui dû surtout des remerciements pour le fait qu’il me guida sur l’amélioration de mes sens. Je ne faisais alors qu’un avec mes lames et mon environnement, et ce Tout suivait la bonne Voie, j’en étais sûr comme jamais auparavant. Plein de gratitude et sous les conseils de plusieurs d’entre eux, je me rendis donc au village caché du Sable ; on m’avait annoncé qu'ils constituaient un peuple sympathique et je fis la démarche pour faire un pas vers eux, comme une première étape à mon insertion dans le système. J’étais un loup solitaire, mais les valeurs que je défendais me poussaient à aller au-devant de cette scène jouant toujours le même acte funèbre.

Quand je me présentai aux portes de cette métropole, je fus jaugé puis on me mena à un groupe d’homme qui m’interrogea longuement. Finalement, ma prose fut efficace et j’eus le droit de visiter le Yondaime Kazekage. C’était un homme qui avait un bel idéal, avec des manières de l’atteindre moins gracieuse. Après des parlementer longs de plusieurs semaines, nous passâmes un pacte qui me lia à cette Terre ; l’homme en savait peu sur ceux de ma région, mais il savait visiblement combien l’Honneur m’importait. Une fois installé, je pris la décision d’aller rendre visite à mes parents et je quittai ce lieu en ignorant tout de ce qui s’y tramait...

Le désert ne me sembla jamais plus dur à traverser que les montagnes enneigées et je demeurai aussi insensible à la torpeur du soleil de Kaze no Kuni que je le fus à la faveur des hivers de Tetsu. Mon cœur s’embauma d’une indescriptible joie à les revoir tous. Je passai une semaine avec eux, à discuter, raconter, puis je repris la route, léger et pas peu fier. Quand je passai enfin les murailles sablonneuses du village, on me conta la tentative infructueuse du chef à s’allier à cet Orochimaru pour se faire finalement trahir. Moi qui étais instruit des sciences de la Guerre, je trouvai son échec prévisible. Ne portant toujours aucun jugement, je commençai par me renseigner sur les rouages, les personnes à connaitre et on me donna vite un rang équivalent à celui d’un Sennin. A contrario d’un mercenaire qui agit pour l’argent, j’œuvrai pour une place dans une communauté, une légitimité. Je la gagnai vite et les ans confirmèrent ce que pensaient les dignitaires. Jeune mais pourtant sage et mesuré, je fus vite apprécié.

Témoin de l’ascension du jeune Gaara au titre de Godaime, je restai dubitatif devant ce choix. Je compris vite que c’était une prérogative pour surveiller l'Ichibi en lui. Apprendre l’existence de telles monstruosités de chakra fut étonnant. Je ne craignais pas cet enfant, pas plus que ce qui se logeait à l’intérieur. Mes vœux étaient de protéger ce village, et il en faisait partie.


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«  Il est dans la nature de tout homme d'aimer l'honneur, mais ce qui est vraiment honorable réside en chacun et non ailleurs. L'honneur que les hommes confèrent n'est pas le véritable honneur. »


Dernière édition par Dokuganryū le Mer 1 Jan - 18:58, édité 109 fois
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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Dim 29 Déc - 23:12



Dokuganryū


CHAPITRE SIX ▬ SUITE & FIN

Le pauvre rouquin connu quelques années après un sort peu enviable et dans mon impotence je dû assister au kidnapping et au vol du monstre des Sables. J’étais alors à quelques kilomètres des murailles au milieu d’un stérile désert, et quand je sentis l’onde d’une explosion massive heurter mon ouïe acéré, il était déjà trop tard. A mon arrivée, le peuple se teintait d’un effroyable émoi et beaucoup de haut-gradés parlementaient entre eux ; comme indifférents aux pauvres âmes les interrogeant sur la nature de cette détonation. On m’informa de l’équipe de la Feuille dépêchée et je fus surpris de leur persévérance. Comme l’aurait fait un dragon qui regarde deux cerfs s’houspiller, j’étais pourtant présent lors du sacrifice de Chiyo, et j’eus envers cette vieille femme un profond respect. Elle avait fait briller sur ce monde ce que je m’efforçai d’apporter, l’acceptation de la mort pour provoquer le bien. Une fois Gaara remit sur pied, le conseil se vit plus enclin à lui laisser les rênes du Pays, le Raton emporté par les hommes en robe noire et rouge. Bien qu’ayant l’humeur maussade à l’idée que des pantins aux ongles vernis puissent s’infiltrer et sévir ainsi, il s’alluma en moi la flamme de cette volonté farouche, qui réclamait Justice pour cet acte vicieux. Le Kazekage était encore un enfant à mes yeux, et il n’y avait pire malhonnêteté que de se servir de son amour envers le village pour le faire ployer. Mes six princesses à la ceinture, je me jurai de réparer l’honneur de nos terres. J’eus presque l’impression qu’elles ronronnèrent...

Des années qui séparent ce moment jusqu’à nos jours, je me comportai si prestement qu’on m’octroya un droit qu’aucun étranger n’avait touché du doigt. J’allais prendre la place d’un des anciens décédé, et siéger au Haut-Conseil lors des réunions, bien que ma tâche première fût d’ordre bien moins politique. J’étais un meneur d’homme, un combattant expérimenté. Au fond de mon esprit siégeait l’idée qu’après ma mort, on me citerait comme l’un des vaillants défenseurs de la paix et cette dernière me convainquait dans mon entrain.



ÉPILOGUE
Je suis maintenant un Suna-jin, à peu de chose près. Je vois notre alliance avec Konoha comme un bâton sur lequel on peut s’appuyer pour se relever, chose rare en ce monde. Je sens pourtant bien que les faits mystérieux enveloppant Akatsuki ont un lien avec une réelle menace pour nous, encore aujourd’hui.




DESCRIPTION PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE



Décrire un homme de cette trempe est un exercice complexe, que peu se targuent d’avoir exécuté parfaitement. Son esprit est tel les facettes d’un kaléidoscope infini, se combinant d’une façon ou d’une autre selon le gré du Dragon Borgne. Son apparence elle aussi diffère bien de l’habituel, n’altérant pas moins –bien au contraire– son panache. Il semble venu d’un autre temps, d’autres contrées, effet de son apparat, ses manières ou encore de son ton.

S’il n’y avait qu’une chose à retenir de cet escrimeur, ce serait certainement sa capacité de dévotion. Pour lui, ses plus grandes batailles ne sont pas celles où il a ôté le plus de vie humaine, mais celles qui ont débouchés à dépeindre sur le monde l’ombre de la Paix. Il s’extirpe de tout manichéisme connu pour prôner le Tout et l’unité, jugeant toujours avec recul les événements et personnes. Les belligérances inutiles l’agace très facilement et bien qu’il soit un homme puissant, il ne sort jamais sa lame sans raison. Magnanime, il croit au pardon bien qu’il ne se leurre jamais sur un cas, quel que soit son sentiment pour celui-ci. Ses principes fondamentaux sont inspirés du Bushidō. Il en a fait le soubassement de sa personne, socle sur lequel il s’est bâti tel qu’on le connait aujourd’hui. Homme droit et loyal, il n’emploiera jamais ses moyens dans une entreprise entachant son honneur. Rectitude avant tout, il est de la caste des rigoureux. Honnête, il n’est pas du genre à mentir ou calomnier autrui pour son plaisir, et sera la plupart du temps bienpensant.

Son hardiesse est rare, même parmi ses pairs shinobis. Il ne connaît pas la peur la mort, prêt à l’accueillir, et son entrain sur le champ de bataille est d’une férocité admirable.  Détonnant avec ce portrait de guerrier, il se trouve pourvu d’un calme à toute épreuve. Quand il porte son large haori blanc par-dessus son kimono noir, on peut être ébahi par cette sensation d’apaisement qui émane de lui, et surtout par son accalmie, presque inquiétante. D’un flegme étonnant, il sait manier le verbe et ne le fera jamais que poliment, bien que les exceptions existent. Le Samurai est pourvu d’une aura froide et âpre s’exhalant de tous ses pores, comme si des écailles invisibles étaient prêtes à trancher toute chair autour de sa personne s’il perdait sa placidité. Son sobriquet est Dragon et comme cette créature mythique, il maintient cette part de mystère autour de lui, prêt à saisir de ses crocs celui qui le croyait endormi.

Quel que soit son accoutrement, il aura toujours sur lui ses six fourreaux tressés de nacre répartis également à sa ceinture. Tous contenaient les fragments de son âme ; le manieur ne fait qu’un avec le métal de ses sabres, et il suit pieusement ce concept, jusqu’à l’incarner. Quand elles sont dégainées entre ses doigts et qu’il frappe, on pourrait croire voir sous le seul jour d’un éclair tonitruant les griffes d’une chimère draconienne s’abattre. Pourtant, sans arrogance aucune, il se contente usuellement d’en sortir une seule. Yoiyamihime, sa préférée.

Pour ce qui est de son enveloppe charnelle, il se révèle que la Nature a été généreuse. Il mesure pas moins d’un mètre et quatre-vingt-neuf centimètres, appuyé par une ossature lourde et solide. Se greffe à ceci une masse de muscles saillants, éprouvés par l’entrainement et le combat. Ils se dessinent sur son poitrail et son abdomen en sculptant dans la chair d’épais reliefs. Son dos et ses épaules aussi se veulent épais, à l’instar des autres muscles prédominants. Sans tendre jusqu’au colossal, il bénéficiait ainsi d’une agilité accrue.

Son visage est différent de bien d’autres, du simple fait de ce qu’il porte sur son œil. Un bout de cuir tressé dans les tons ébène le recouvre entièrement, comme pour cacher cette vieille blessure. Presque pour dissimuler et s’assortir à cette lanière, de longues mèches de sa chevelure brune aux reflets châtaigne virevoltent par-dessus. Celle-ci est répandue en longues langues qui encadre son faciès, jusqu’à tomber au milieu de sa nuque. L’unique pupille que l’on peut voir paraît briller pour sa consœur scellée tant son éclat attrape le regard. Elle est d’une rareté étonnante, puisqu’elle est habituellement bleutée mais peut s’allumer en certaines conditions d’une flamme dorée. On y lit généralement un profond silence, comme si en vous toisant vous pouviez ressentir l’impression que vous êtes près d’un précipice en retenant votre souffle sans que rien ne se passe et que le temps s’étire. La forme de son œil est étirée et en amande, comme celle dudit reptilien et bien qu’il n’en eut qu’un, et même à cause de ça, la vue de celui qui lui restait s’améliora très nettement.

Malgré ses trente années passées, son hérédité lui donne une capacité de longévité telle qu’il parait identique à ses vingt-cinq ans. Il n’a pas eu droit à la chevelure rougeoyante, héritant de son paternel, mais l’empreinte de cet illustre clan est là.

Son nez est fin sans être aquilin, bien situé au milieu d’une face à l’épiderme pâle. Sa mâchoire quelque peu ovale donne sur deux lèvres peu charnues, mettant à l’abri deux rangées de dent blanches. Mis à part deux sourcils minces, il n’a pas de pilosité sur le visage et prend grand soin de se raser quotidiennement. Son portrait en sa globalité dégage une impression de maturité prononcée, sa grâce presque féline s’accommodant d’un genre bien différent. Bien que borgne, il est forcé de constater qu’il plait à minima aux femmes et elles lui plaisent aussi, malgré la balafre morcelant son cœur. Tout bon homme de vertu a ses vices et les siens sont la bonne compagnie et l’alcool fort. Il n’exagère bien sûr jamais –ou presque–mais son devoir et ses responsabilités le maintiennent loin de la débauche. Perdre celle qu’il avait aimé le blessa et il ne fut depuis plus capable d’avoir une relation sérieuse et durable. C’est pourtant un interlocuteur extraverti, qui sait user de quelques traits d’humour, qui sait mettre en confiance comme l’inverse, d’un simple rictus. 

Plein de nobles ambitions, il ne lâche jamais prise sur rien et ne tolère que bien rarement l’échec. Sévère avec lui-même, il s’alimente correctement et pratique la méditation à un stade avancé. Pacifique, il ne sera pourtant pas effrayé de mettre sa vie en jeu quand le moment viendra. Pour servir ses désirs d’érudition, il fut doté d’un intellect exceptionnel, surtout lié à sa mémoire photographique et à son assimilation rapide des faits. Son temps de réaction est infime et le borgne est toujours à l’affût du détail.

En vrai belliciste des contrées de l’Ouest, il revêt son armure pour se battre comme le firent avant lui les anciennes générations de shinobi. Typiquement celle d’un samurai, elle se compose de plusieurs pièces, dont un casque large pourvu d’une demi-lune représentant un croc, taillée dans un métal flavescent. Ses bras, son buste, son dos et ses jambes sont protégés par quelques couches d’un savant mélange de plusieurs métaux et de cote de maille, laissant libre dans ses mouvements le bretteur tout en le protégeant des simples coups de lames ou autre. Il joint à cette enveloppe d’acier un pardessus bleuté à la collerette blanche, ainsi que des longs gants et un solide ceinturon pour soutenir ses princesses.

Dokuganryû a fait incruster dans la peau de son épaule, dans une stylisation commune à l’Asie contemporaine, un dragon dont la tête siège sur son omoplate avec, lui aussi, une longue balafre ôtant un œil. Grâce à quelques arcanes, ce tatouage mêle son ancre à un fûinjutsu lui permettant de se mouvoir si son propriétaire lui ordonne. Son épiderme est recouvert sur bien des parties de petites cicatrices, vestiges de plus grosses s’étant résorbées. Pourtant, pas une seule n’orne son dos, exempt de la moindre plaie. Son code lui ordonnait de faire face, et il le suivit toujours.

En revenant sur la partie principale de sa psyché et en observant un peu, on découvre un adulte pleinement conscient du monde dans lequel il vit, n’aspirant qu’à suivre sa voie et aider à l’éradication des néfastes et autres indésirables. Son allégeance est sincère et claire ; il servira la patrie du Sable comme la sienne tant qu’il sera considéré comme l’un de ses fils.

Il pense et écrit beaucoup à ses heures perdues, répertoriant nombre d’ancestraux coups au long de ses périples autour du globe. Le Suna-jin se cultive beaucoup et ces derniers temps la politique revient assez souvent sur ses recherches, notamment historique. Le manieur de lames n’a de cesse que de persévérer dans ce qu’il a déjà, en perpétuelle quête de renouveau et de connaissance.

Malgré ses airs distants, il peut pourtant se lier d’amitié avec quelques personnes, tant qu’elles ont un bon fond. Il peut s’agir d’un shinobi de n’importe quel village ; la valeur n’a pas de foyer fixe pour le lettré. L’éborgné affectionne aussi la solitude et l’isolement, et il connait le désert dans les moindres recoins tant il a marché dans celui-ci, pensif.

Baigné dans les arts martiaux et de la voie du guerrier, il en ressort un belligérant féru mais aussi et surtout un homme de paix, qui possède sa propre part d’ombre, même si minuscule devant le monument en lequel s’érige sa vertu. Sage et respecté, humble et accessible, il est un grand atout pour son Pays, autant que pour la potentielle paix mondiale.



« Si, sur le champ de bataille, vous ne laissez à personne le soin de conduire l’assaut et que vous avez la ferme intention de pénétrer les rangs ennemis, vous ne tomberez pas, votre esprit sera brave et vous manifesterez votre valeur martiale.
Ce conseil est un héritage des anciens. D’autre part, si vous devez être abattu au cours d’un combat, soyez résolu à l'être face à l’ennemi.
» 葉隠聞書 Hagakure Kikigaki ▬ Jōchō Yamamoto





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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Lun 30 Déc - 3:38

Fiche terminée, j'ai éludé quelques parties pour les développer inRP avec les concernés. Bonne lecture. ♪

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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Mar 31 Déc - 8:43

Yop Dokuganryu !
C'est vraiment une des meilleures fiches que j'ai lu. Je ne vais pas trop m'attarder sur les descriptions, je n'ai rien à dire dessus, elles sont bien écrites, développées.

Passons à l'histoire. Tu nous plonges dans un endroit assez impressionant, le Ryushutsu. Ici, l'évolution du personnage est bien détaillée. C'est un personnage assez original qui nous est présenté. J'aurais aimé cependant que tu nous parles un peu plus de tes rapports avec le Godaime Kazekage, Gaara. S'il a accepté de te faire membre du "Haut-Conseil", c'est bien pour une raison.

Concernant la longueur, elle est largement convenable pour le rang visé. Idem pour la qualité, le vocabulaire ici est très riche, le style tout à fait satisfaisant. Il n'y a pratiquement aucune faute d'orthographe, excepté une :

Citation :
Ma maîtrise du « 居合道- Iaidō » double était redouté
C'est "redoutée".

Bref, tu as ma voix pour le rang S ! Merci d'attendre un second avis.

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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Mar 31 Déc - 15:56

J'ai corrigé la petite faute, je ne me suis relu que rapidement.. :/
J'ai effectivement pas trop développé, pour pouvoir discuter avec le concerné de notre lien, entre autres. Puis j'ai supposé que les membres du Haut-Conseil étaient pas désignés par le Kage.
Merci de ton avis favorable!

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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Mer 1 Jan - 18:19

Plop et re-re-bienvenue

Alors, on va commencer par l'histoire... Déjà, l'négatif. J'ai repéré plusieurs faux accords, avec "qui ont décidés" au lieu de "qui ont décidé" ou "trois douzaine" au lieu de "trois douzaines" (désolé celle m'a fait tiquer xD), des fautes de conjugaison ; "Ceux qui la composait" : dans ce cas, composer se conjugue avec ceux, donc "Ceux qui la composaient". Il y'a aussi quelques oublis de mots du genre "on pouvait croiser des appartenant" au lieu de "on pouvait croiser des membres/personnes/personnalités/... appartenant". Bien sûr, j'vais pas tout relever, c'juste pour que t'voies quel genre d'erreur on peut retrouver dans ta prez', même si bon, par rapport au positif, c'minime. En gros, une bonne relecture t'aurait grandement aidé à éliminer tous ces nuisibles. Il y'a également des confusions de mots, comme par exemple - dans le milieu du chapitre trois - "l’homme laissait déjà à deviner sans même parler un lourd passif" "l’homme laissait déjà à deviner sans même parler un lourd passé". Par contre, si tu pouvais m'éclaircir sur un point... "j’étais maintenant un véritable maître ayant créé ses propres katas et sa propre école", en quoi en fait ? Pas tout compris °°

Bon, pour en v'nir au positif. Ton histoire est très originale, franchement, j'ai adoré ! Tu as repris énormément éléments de l'univers que l'on ne connait pas forcément très bien, tu as réussi à broder ton propre univers si j'puis dire avec ton histoire des exilés, puis aussi avec le monastère, les Huits Epéïstes dragons aussi... Enfin, je vais pas spoil pour ceux qui voudraient lire, mais j'pense que t'as compris que je l'avais adorée. xD Tu as également un vocabulaire très riche, et grâce à toi, j'me coucherai beaucoup moins con c'soir ; toutes les appellations jap', que ce soit pour les armes ou autre, sont très appréciables (je trouve) etc.

Par contre, à la fin, tu en viens à parler de Gaara, comme quoi tu as suivi ses progrès itou itou. Mais t'parles pas du tout de son ascension au rang de Kazekage ainsi que de ce qu'il s'est passé entre lui et l'Akatsuki ; sa capture, son extraction et donc, forcément, la mort de Chiyo. Pour moi, faudrait ajouter un paragraphe par rapport à ça en y expliquant les ressentis de ton perso, car c'est quand même un élément majeur de Suna.


Pour les descriptions, j'pas trop grand chose à dire, si ce n'est qu'on a déjà eu un avant-goût en lisant l'histoire et que l'on retrouve tout cela parfaitement développé dans la partie adéquate. Après, il y'a toujours des p'tites fautes comme dans l'histoire, mais rien d'bien grave.

Pour moi, c'un presque oui, faudra juste rajouter c'que j'ai demandé et ça sera bon. ^^
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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Mer 1 Jan - 19:05

Pour ce qui est des fautes, ça m'étonne à moitié. J'avoue m'être survolé, désolé si ça a gêné la lecture. J'ai fait le tout en me pressant, et j'en paie les frais.
Pour ce qui est de l'école, je parle plus d'une gamme de kata, référencée sous un nom, et non pas d'autre chose cf. skype.

Content que tu ais apprécié! Je n’étais pas sûr qu'Akatsuki avait Ichibi, alors dans le doute... C'est rajouté début second poste en tout cas.

Merci de ton avis.

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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   Mer 1 Jan - 19:26

V'là c'bon. Un Admin s'chargera d'te donner ta couleur et ton rang

Go FT
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MessageSujet: Re: « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »   

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